Volailles & viandesCuisine italienne
Osso buco à la milanaise
L'osso buco à la milanaise est le mijoté le plus emblématique de Lombardie : des tranches de jarret de veau bien épaisses, saisies puis braisées lentement dans un fond de vin blanc, de tomate et de bouillon jusqu'à ce que la chair se détache toute seule de l'os. La touche finale, une gremolata de citron, ail et persil hachés fin, réveille ce plat riche d'une note vive et parfumée juste avant de servir. Accompagné d'un risotto au safran, c'est l'un des grands classiques de la table milanaise, patient à cuisiner mais redoutablement simple à réussir.
25 min
Préparation
2 h
Cuisson
2 h 25
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Jarrets de veau (osso buco)4 tranches de 4 cm (env. 350 g chacune), demandez au boucher des tranches de même épaisseur
- Farine3 c. à soupe, pour fariner la viande
- Huile d'olive3 c. à soupe
- Beurre30 g
- Oignon1 gros (150 g), ciselé finement
- Carottes2 (160 g), coupées en petits dés
- Céleri branche2 branches (100 g), coupées en petits dés
- Ail2 gousses, 1 hachée pour le fond, 1 pour la gremolata
- Vin blanc sec20 cl
- Tomates concassées400 g
- Concentré de tomate1 c. à soupe
- Bouillon de veau50 cl, chaud
- Laurier1 feuille
- Thym2 branches
- Sel fin1 c. à café, à ajuster
- Poivre du moulinau goût
- Citron non traité1, pour le zeste de la gremolata
- Persil plat1/2 bouquet (15 g), haché fin pour la gremolata
Matériel
- Cocotte en fonte avec couvercle
- Ficelle de cuisine
- Pince de cuisine
- Planche à découper
- Couteau de chef
- Zesteur ou économe
- Cuillère en bois
Préparation
Sortez les jarrets de veau du réfrigérateur 30 minutes avant de cuisiner pour qu'ils reviennent à température ambiante, ce qui évite un choc thermique à la cuisson. Ficelez chaque tranche autour de sa circonférence avec de la ficelle de cuisine : cela maintient la viande collée à l'os pendant les deux heures de mijotage et évite qu'elle ne se déforme ou perde sa moelle en cours de route. Séchez bien les tranches avec du papier absorbant, salez, poivrez, puis farinez-les légèrement en tapotant pour ôter l'excédent.
Faites chauffer l'huile d'olive et le beurre dans une cocotte en fonte à feu vif jusqu'à ce que le beurre mousse. Saisissez les jarrets 3 à 4 minutes par face sans les bouger, jusqu'à obtenir une croûte brun doré bien marquée : c'est elle qui donnera sa profondeur à la sauce. Travaillez en une seule couche, quitte à saisir en deux fois, car une cocotte surchargée fait vapeur au lieu de saisir. Réservez la viande sur une assiette une fois colorée de tous les côtés.
Dans la même cocotte, sans laver le fond, faites suer l'oignon, les carottes et le céleri en dés à feu moyen pendant 8 à 10 minutes en remuant régulièrement, jusqu'à ce que les légumes soient translucides et légèrement dorés. Ce socle aromatique, le soffritto, doit parfumer toute la cuisine ; grattez bien les sucs caramélisés attachés au fond avec une cuillère en bois, ils sont pleins de goût. Ajoutez l'ail haché une minute avant la fin pour qu'il infuse sans brûler ni amertumer le plat.
Remettez les jarrets dans la cocotte, versez le vin blanc et laissez-le bouillonner 2 minutes pour évaporer l'alcool tout en décollant les derniers sucs. Ajoutez les tomates concassées, le concentré de tomate, le laurier et le thym, puis versez le bouillon chaud jusqu'à ce qu'il arrive à mi-hauteur des jarrets, jamais plus haut sinon la viande bout au lieu de braiser. Portez à petits frémissements, salez légèrement en tenant compte du bouillon déjà salé.
Couvrez et laissez mijoter à feu très doux pendant 1 h 45 à 2 h, en surveillant que le liquide frémisse à peine plutôt qu'il ne bouille : une ébullition franche dessèche et durcit la viande au lieu de l'attendrir. Vérifiez toutes les 30 minutes et ajoutez un peu de bouillon chaud si le niveau baisse trop. La viande est prête quand elle se détache facilement d'une simple pression de fourchette mais tient encore sur l'os sans s'effondrer en morceaux.
Retirez délicatement la ficelle de chaque jarret et disposez la viande sur un plat chaud. Si la sauce vous semble trop liquide, faites-la réduire à feu vif quelques minutes à découvert en remuant ; si elle a trop épaissi, détendez-la avec un peu de bouillon chaud. Goûtez et rectifiez l'assaisonnement en sel et poivre, puis nappez généreusement les jarrets de cette sauce avant de passer à la touche finale.
Juste avant de servir, préparez la gremolata en mélangeant le zeste de citron finement râpé, l'ail restant très finement haché et le persil ciselé : elle doit être faite à la dernière minute pour garder tout son piquant, car elle perd sa vivacité si elle attend. Parsemez-en chaque jarret encore chaud et servez immédiatement sur un risotto alla milanese au safran, en n'oubliant pas de proposer une petite cuillère pour déguster la moelle, considérée comme la meilleure partie du plat.
Astuces du chef
- La gremolata apporte une fraîcheur citronnée indispensable qui allège ce plat riche : ne la préparez jamais à l'avance et ajoutez-la toujours hors du feu.
- Une cuisson longue à très petit frémissement, presque sans bulles, est le secret d'une viande qui fond sans se dessécher ni tomber en miettes.
- Demandez à votre boucher de couper les jarrets bien droits et de même épaisseur : une cuisson homogène en dépend directement.
- Cette recette est encore meilleure réchauffée le lendemain, une fois que les saveurs ont eu le temps de se lier pleinement.
Erreurs à éviter
Ne pas ficeler les tranches de jarret avant la cuisson Ficelez chaque tranche autour de sa circonférence : cela maintient la viande collée à l'os pendant tout le mijotage et évite qu'elle ne se déforme.
Laisser bouillir la sauce au lieu de la laisser frémir doucement Réduisez le feu au minimum, utilisez un diffuseur si besoin, et vérifiez qu'il ne se forme que de très petites bulles en surface.
Ajouter la gremolata trop tôt ou la préparer à l'avance Hachez le zeste, l'ail et le persil seulement au moment de servir pour préserver toute sa fraîcheur et son piquant.
Noyer la viande sous trop de liquide Versez le bouillon jusqu'à mi-hauteur des jarrets seulement ; complétez en cours de cuisson plutôt que de tout ajouter au départ.
Fariner trop généreusement la viande Tapotez les jarrets pour retirer l'excédent de farine, sinon elle forme une croûte pâteuse qui épaissit la sauce de façon grumeleuse.
Substitutions possibles
- Jarrets de veau → Jarrets de bœuf (Résultat plus corsé et moins fondant ; comptez 30 à 45 minutes de cuisson supplémentaires.)
- Vin blanc sec → Bouillon additionné d'un trait de vinaigre blanc (Version sans alcool, un peu moins aromatique mais tout à fait honorable.)
- Bouillon de veau → Bouillon de volaille (Plus léger en goût, convient bien si vous n'avez pas de fond de veau sous la main.)
Variantes
- Osso buco in bianco, la version milanaise historique, sans tomate : on mijote uniquement au vin blanc et au bouillon, pour une sauce plus claire et plus vive.
- Servi sur un risotto alla milanese au safran, l'accord traditionnel et incontournable de la cuisine lombarde.
- À la joue de veau si vous ne trouvez pas de jarret, avec un temps de cuisson légèrement rallongé.
- Gremolata à l'orange plutôt qu'au citron, une variante plus douce appréciée dans certaines familles lombardes.
Conservation
Se conserve 3 jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique. Le plat gagne en saveur réchauffé le lendemain, une fois que la viande a eu le temps de s'imprégner de la sauce.
Congélation : Se congèle très bien jusqu'à 3 mois, sans la gremolata qui doit toujours être préparée fraîche. Laissez décongeler une nuit au réfrigérateur avant de réchauffer.
Réchauffage : Réchauffez à couvert dans la cocotte à feu doux, avec un peu de bouillon ou d'eau si la sauce a épaissi, jusqu'à ce que la viande soit bien chaude à cœur, 15 à 20 minutes environ. Ajoutez la gremolata fraîche seulement à la toute fin.
Origine de la recette
L'osso buco (littéralement « os creux ») est né dans les cuisines bourgeoises de Milan au XIXe siècle, où l'on mijotait les tranches de jarret de veau, alors une découpe peu coûteuse, pour en tirer une viande fondante et une moelle prisée. La version originale, dite in bianco, se préparait sans tomate, avec du vin blanc, du bouillon et une gremolata citronnée ; la tomate n'est apparue qu'après son introduction dans la cuisine du nord de l'Italie. Aujourd'hui indissociable du risotto alla milanese au safran, ce plat reste l'un des symboles les plus fidèles de la cuisine lombarde.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 470 kcal
- Protéines
- 41 g
- Glucides
- 15 g
- Lipides
- 23 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Peut-on préparer l'osso buco à l'avance ?
Oui, et c'est même conseillé : préparez-le la veille, laissez-le refroidir puis réchauffez-le doucement le lendemain. Les saveurs se lient et la viande n'en devient que plus fondante. Préparez en revanche la gremolata au tout dernier moment.
Quelle différence entre l'osso buco in bianco et la version à la tomate ?
La recette milanaise historique, dite in bianco, se mijote sans tomate, uniquement au vin blanc et au bouillon. La version à la tomate, plus courante aujourd'hui, est apparue plus tard et donne une sauce plus colorée et plus riche.
Peut-on cuire l'osso buco au four plutôt que sur la plaque ?
Oui, c'est même souvent plus régulier : couvrez la cocotte et enfournez à 150 °C pendant la même durée, la chaleur enveloppante évite les points chauds qu'on peut avoir sur une plaque.
Comment savoir que la viande est cuite à point ?
Elle doit céder sous une légère pression de fourchette et se détacher facilement de l'os, tout en restant attachée grâce à la ficelle ; si elle tombe en morceaux, c'est qu'elle a un peu trop cuit.
Doit-on manger la moelle à l'intérieur de l'os ?
Oui, c'est traditionnellement la meilleure partie du plat : on la déguste à la petite cuillère, tartinée sur un peu de pain ou mélangée à la sauce.
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Comment servir
Dressez chaque tranche de jarret bien droite sur un nid de risotto alla milanese doré au safran, l'os et sa moelle tournés vers le haut. Nappez généreusement de sauce, parsemez de gremolata fraîche au tout dernier moment pour que son parfum de citron reste vif, et servez dans une assiette creuse chaude, avec une petite cuillère à moelle posée à côté de chaque assiette.
Accompagnements : Risotto alla milanese au safran, Polenta crémeuse au parmesan, Purée de pommes de terre maison, Tagliatelles fraîches au beurre
Boissons conseillées : Valtellina Superiore (Nebbiolo de Lombardie), Barbera d'Alba, Franciacorta rosé pour une note plus légère