Volailles & viandesCuisine thaïlandaise
Massaman de bœuf (curry massaman)
Un curry doux et parfumé d'influence indo-persane : du bœuf mijoté longuement dans un lait de coco aux épices chaudes — cannelle, cardamome, clou de girofle — avec pommes de terre fondantes, oignons et cacahuètes concassées. Le plus doux et le plus réconfortant des currys thaïs, parfait pour découvrir cette cuisine sans craindre le piquant.
25 min
Préparation
2 h
Cuisson
2 h 25
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Bœuf à braiser (paleron)800 g, coupé en cubes réguliers de 4 cm, épongés
- Huile neutre (arachide ou tournesol)2 c. à soupe
- Pâte de curry massaman4 c. à soupe
- Lait de coco entier (non allégé)50 cl, crème du dessus réservée à part
- Pommes de terre à chair ferme400 g, épluchées, coupées en gros morceaux
- Oignons2, pelés, coupés en quartiers
- Cacahuètes non salées80 g, grillées à sec, concassées
- Bâton de cannelle1
- Cardamome verte4 gousses, légèrement écrasées
- Clous de girofle3
- Sauce de poisson (nuoc-mâm)2 c. à soupe
- Pâte de tamarin2 c. à soupe, diluée dans 3 c. à soupe d'eau chaude, filtrée
- Sucre de palme2 c. à soupe, râpé ou en poudre
Matériel
- Grande cocotte en fonte à fond épais avec couvercle
- Couteau de chef
- Planche à découper
- Cuillère en bois
Préparation
Sortez le bœuf 20 minutes avant de cuisiner pour qu'il ne parte pas glacé dans la cocotte, puis coupez le paleron en cubes réguliers de 4 cm : trop petits, ils se déliteront après deux heures de mijotage ; trop gros, ils resteront fermes au centre. Épongez bien la viande au papier absorbant, car un bœuf humide grille au lieu de dorer et rend la sauce plus liquide.
Ouvrez la boîte de lait de coco sans la secouer et prélevez à la cuillère la crème épaisse figée en surface : c'est elle qui va servir à faire revenir la pâte, selon la technique thaïe traditionnelle du 'cracking' du lait de coco. Réservez le liquide plus clair du fond, il servira à mouiller la cuisson.
Faites chauffer la crème de coco prélevée dans la cocotte à feu moyen jusqu'à ce qu'une fine pellicule d'huile se sépare et luise en surface, puis incorporez la pâte de curry massaman. Remuez sans cesse 2 à 3 minutes : la pâte doit devenir brillante et son parfum de cannelle et de cardamome se dégager franchement ; si elle attache, baissez le feu.
Ajoutez l'huile neutre puis les cubes de bœuf, en deux fois pour ne pas surcharger la cocotte et faire tomber la température. Saisissez chaque face 2 minutes environ jusqu'à ce que la viande soit uniformément enrobée de pâte et légèrement colorée : cette étape construit une bonne partie du goût final, ne la précipitez pas.
Versez le reste du lait de coco, ajoutez le bâton de cannelle, la cardamome légèrement écrasée et les clous de girofle. Portez à petit frémissement, couvrez et laissez mijoter à feu très doux pendant 1 h 15, en remuant de temps en temps pour éviter que le fond n'attache : le liquide doit à peine frissonner, jamais bouillir, sous peine de raidir la viande.
Vérifiez la tendreté du bœuf à la pointe d'un couteau : elle doit s'enfoncer presque sans résistance. Ajoutez alors les pommes de terre, les oignons en quartiers et les cacahuètes concassées, puis poursuivez la cuisson à couvert 30 à 40 minutes, jusqu'à ce que les pommes de terre soient fondantes mais encore entières.
Hors du feu, incorporez la sauce de poisson, la pâte de tamarin diluée et filtrée, puis le sucre de palme. Goûtez : le massaman doit rester doux, jamais piquant, avec un équilibre discret entre le salé du nuoc-mâm, l'acidité ronde du tamarin et le sucré du palme. Rectifiez par petites touches, car un excès de l'un écrase vite les deux autres.
Reposez la cocotte hors du feu 10 minutes, couvercle entrouvert : la sauce épaissit légèrement et les saveurs se lient entre elles. Retirez si possible le bâton de cannelle et les clous de girofle pour éviter de croquer dessus, puis vérifiez une dernière fois l'assaisonnement avant de servir.
Servez bien chaud dans des bols creux, nappé de sauce, avec du riz jasmin vapeur présenté à part pour que chacun compose sa bouchée et absorbe le curry à son rythme.
Astuces du chef
- Le massaman est le plus doux des currys thaïs : les épices chaudes (cannelle, cardamome, girofle) dominent, le piquant reste discret — n'ajoutez pas de piment frais si vous voulez rester fidèle à la recette d'origine.
- Une cuisson longue à tout petit frémissement est ce qui rend le paleron fondant ; un bouillon trop vif le raidit avant même qu'il n'ait eu le temps de se détendre.
- Préparez le massaman la veille : comme beaucoup de plats mijotés, il gagne en profondeur après une nuit au réfrigérateur, le temps que les épices infusent complètement la sauce.
- Choisissez un lait de coco entier et non allégé : sans assez de crème grasse en surface, la pâte de curry accroche mal et libère moins ses arômes au moment de la revenir.
Erreurs à éviter
Faire bouillir le curry à gros bouillons pendant le mijotage Maintenir un tout petit frémissement à couvert : une ébullition trop vive raidit les fibres du paleron au lieu de les attendrir et peut faire trancher le lait de coco.
Utiliser un lait de coco allégé ou une pâte de curry bas de gamme Choisir un lait de coco entier, riche en matière grasse, et une pâte massaman de bonne marque thaïe : c'est la seule garantie d'un curry onctueux et vraiment parfumé.
Ajouter les pommes de terre dès le début de la cuisson Les incorporer seulement après 1 h 15 de mijotage du bœuf, sinon elles se délitent complètement avant que la viande ne soit tendre.
Déséquilibrer le sucré-salé-acide en assaisonnant trop tôt Assaisonner en toute fin de cuisson, goûter puis ajuster sauce de poisson, tamarin et sucre de palme par petites touches successives jusqu'à l'équilibre recherché.
Couper le bœuf en morceaux trop petits Tailler des cubes d'environ 4 cm : plus petits, ils se désagrègent après deux heures de mijotage et perdent toute tenue en bouche.
Substitutions possibles
- Paleron de bœuf → Jarret ou joue de bœuf (Autres morceaux à braiser riches en collagène, tout aussi adaptés à une cuisson longue et douce.)
- Sucre de palme → Sucre de canne roux ou cassonade (Moins parfumé et moins caramélisé, mais un dépannage correct si le sucre de palme est introuvable.)
- Pâte de tamarin → Jus de citron vert et une pincée de sucre (Apporte une acidité proche mais plus vive ; à doser avec prudence pour ne pas dominer la sauce.)
Variantes
- Au poulet (cuisses désossées) ou à l'agneau, tout aussi traditionnels selon les régions du sud de la Thaïlande, avec un temps de mijotage réduit à 40-45 minutes pour le poulet.
- Version végétarienne aux patates douces et pois chiches, sans nuoc-mâm : remplacez-le par de la sauce soja et un peu de sel pour conserver la profondeur salée du plat.
- Avec des cacahuètes remplacées par des noix de cajou grillées, une variante courante dans certains restaurants de Bangkok, au goût plus doux et plus rond en bouche.
- Enrichi de quelques feuilles de combava froissées ajoutées en fin de cuisson : une touche d'agrume discrète, non traditionnelle mais très appréciée.
Conservation
Se conserve 3 jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique. Le massaman est souvent meilleur le lendemain, une fois que les épices ont eu le temps d'infuser pleinement la sauce.
Congélation : Se congèle très bien jusqu'à 3 mois, à l'exception des pommes de terre qui deviennent farineuses une fois décongelées : congelez plutôt la viande et la sauce seules, et ajoutez des pommes de terre fraîches cuites au moment de réchauffer.
Réchauffage : Réchauffez à couvert et à feu doux dans une casserole, en ajoutant un peu d'eau ou de lait de coco si la sauce a trop épaissi, et en remuant régulièrement jusqu'à ce que le tout soit bien chaud à cœur.
Origine de la recette
Le massaman doit son nom à une déformation thaïe du mot 'musulman'. Il est né dans le sud de la Thaïlande, au contact des marchands persans, indiens et malais qui commerçaient le long des routes de l'océan Indien dès le XVIIe siècle. Ces échanges ont introduit des épices alors étrangères à la cuisine thaïe — cannelle, cardamome, clou de girofle — mariées ici au lait de coco, au tamarin et au sucre de palme déjà présents dans le répertoire local. Un curry hybride, plus doux que ses cousins vert ou rouge, longtemps servi à la cour royale avant de se répandre dans tout le pays.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 680 kcal
- Protéines
- 42 g
- Glucides
- 38 g
- Lipides
- 40 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Où trouver de la pâte de curry massaman ?
Elle se trouve en épicerie asiatique ou en ligne, sous des marques thaïes comme Mae Ploy ou Maesri. À défaut, une pâte de curry rouge additionnée de cannelle, de cardamome et de cacahuètes moulues peut dépanner, sans être tout à fait fidèle au goût d'origine.
Pourquoi le massaman est-il considéré comme le curry thaï le plus doux ?
Contrairement aux curries rouge ou vert, sa pâte contient peu de piment frais et met en avant des épices chaudes d'origine indo-persane — cannelle, cardamome, clou de girofle — héritées des marchands musulmans du sud de la Thaïlande.
Peut-on préparer le massaman à l'avance pour un repas ?
Oui, c'est même recommandé : préparez-le la veille, laissez refroidir puis réfrigérez. Les saveurs se développent pendant la nuit et le plat n'en est que meilleur une fois réchauffé le lendemain.
Le massaman doit-il être très pimenté ?
Non, c'est justement le curry thaï le moins épicé : il doit rester doux et parfumé, porté par les épices chaudes plutôt que par le piquant, ce qui en fait une excellente porte d'entrée dans la cuisine thaïe.
Quelle pâte de tamarin utiliser et comment la préparer ?
Utilisez de la pulpe de tamarin concentrée en bloc, à diluer dans un peu d'eau chaude puis à filtrer pour retirer fibres et pépins, plutôt qu'un concentré déjà sucré qui fausserait l'équilibre sucré-salé-acide du plat.
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Comment servir
Dressez le massaman dans des bols creux et profonds plutôt que dans des assiettes plates, pour que la sauce onctueuse ne s'échappe pas : nappez généreusement la viande et les pommes de terre, parsemez de cacahuètes concassées pour le croquant, et servez le riz jasmin vapeur à part, dans un bol séparé, afin que chacun compose sa bouchée à son goût.
Accompagnements : Riz jasmin vapeur, Concombre mariné au vinaigre (ajad), Achards de légumes croquants, Salade de chou blanc épicée
Boissons conseillées : Thé glacé thaï (cha yen), Bière blonde légère type Singha ou Chang, Eau de coco fraîche, Citronnade au gingembre