Plats completsCuisine thaïlandaise
Curry vert de poulet (kaeng khiao wan)
Le curry vert de poulet, ou kaeng khiao wan, est sans doute le plus emblématique des currys thaïlandais : une pâte de piments verts frais, citronnelle, galanga et coriandre pilés ensemble, mijotée dans un lait de coco craqué jusqu'à devenir une sauce onctueuse et parfumée. Le poulet y devient fondant, les aubergines thaïes gardent un léger croquant, et le basilic thaï ajouté hors du feu apporte cette note anisée si caractéristique. Un équilibre précis entre piquant, salé et légèrement sucré, à servir avec du riz jasmin bien chaud.
20 min
Préparation
25 min
Cuisson
45 min
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Cuisses de poulet désossées600 g, coupées en morceaux de 3 cm
- Pâte de curry vert3 c. à soupe, maison ou du commerce, de bonne qualité
- Lait de coco entier40 cl, boîte non secouée, pour séparer la crème
- Aubergines thaïes200 g, rondes en quartiers, pois si possible
- Pousses de bambou150 g, égouttées, coupées en lamelles
- Basilic thaï1 bouquet (20 g), feuilles effeuillées
- Feuilles de combava4, froissées entre les doigts
- Sauce de poisson (nuoc-mâm)2 c. à soupe
- Sucre de palme1 c. à soupe bombée, râpé ou en poudre
- Piment rouge1, émincé, épépiné selon le goût
- Huile de tournesol ou d'arachide1 c. à soupe (facultatif), si le lait de coco ne craque pas assez
Matériel
- Wok ou sauteuse à fond épais
- Cuillère en bois
- Couteau de chef et planche à découper
- Cuiseur à riz ou casserole avec couvercle
Préparation
Sortez la boîte de lait de coco sans la secouer : la crème épaisse s'est déposée sur le dessus. Prélevez-la à la cuillère (environ un tiers du volume) et versez-la dans un wok à feu moyen. Laissez-la chauffer sans remuer jusqu'à ce qu'elle « craque » : la matière grasse se sépare en une pellicule luisante et de petites bulles d'huile crépitent en surface, après 4 à 5 minutes. C'est ce craquage qui permettra à la pâte de frire plutôt que de bouillir.
Ajoutez la pâte de curry vert dans la crème craquée et faites-la revenir 2 à 3 minutes en remuant sans arrêt à la cuillère en bois : elle doit foncer, devenir brillante et exhaler un parfum intense de citronnelle et de galanga. Si elle attache au fond ou si la crème ne s'est pas assez séparée, ajoutez la cuillère d'huile pour l'empêcher de brûler et de tourner amère.
Incorporez les morceaux de poulet dans la pâte et mélangez bien pour les en enrober entièrement. Laissez-les saisir 2 minutes sans ajouter de liquide, le temps que la surface blanchisse et que la viande capte tous les arômes de la pâte de curry ; c'est cette étape qui donne au poulet son goût profond plutôt qu'un simple parfum de surface.
Versez le reste du lait de coco ainsi que les feuilles de combava froissées, puis portez à léger frémissement en remuant doucement. Un curry vert ne doit jamais bouillir à gros bouillons : la sauce trancherait et deviendrait granuleuse au lieu de rester lisse et nappante.
Ajoutez les aubergines thaïes et les pousses de bambou, couvrez à moitié et laissez mijoter 12 à 15 minutes à feu doux en remuant de temps en temps. Le poulet est prêt quand il s'effiloche facilement à la fourchette, et les aubergines doivent rester légèrement fermes et translucides, jamais en bouillie.
Goûtez et assaisonnez avec la sauce de poisson et le sucre de palme, en ajustant petit à petit : le curry vert doit rester dominé par le piquant herbacé de la pâte, la sauce de poisson apporte le sel, le sucre sert juste à arrondir l'ensemble sans jamais sucrer franchement le plat.
Retirez la sauteuse du feu, puis incorporez le basilic thaï effeuillé et le piment émincé : la chaleur résiduelle suffit à les flétrir légèrement sans leur faire perdre leur parfum. Ne les faites surtout pas cuire à feu vif, le basilic thaï perd très vite sa note anisée et vire au terne dès qu'il bout.
Servez immédiatement dans des bols creux, accompagné de riz jasmin vapeur à part, pour que chacun nappe son riz de sauce à sa convenance. Le curry vert se déguste dès qu'il est prêt : il épaissit et perd un peu de son parfum de basilic en refroidissant.
Astuces du chef
- Le craquage du lait de coco est le geste le plus important de la recette : sans cette étape, la pâte de curry bout au lieu de frire et le plat perd en profondeur aromatique.
- Ajoutez toujours le basilic thaï hors du feu, en toute fin de cuisson, pour préserver sa note anisée si particulière.
- Choisissez une pâte de curry vert de bonne qualité, bien verte et parfumée ; une pâte trop ancienne ou trop douce donnera un curry sans caractère.
- Pour doser le piquant sans dénaturer le plat, jouez sur la quantité de pâte de curry plutôt que sur le piment frais, qui sert avant tout de touche finale colorée.
Erreurs à éviter
La pâte de curry n'est pas assez revenue dans la crème de coco craquée. Poursuivez la cuisson de la pâte 2 à 3 minutes à feu moyen, en remuant sans cesse, jusqu'à ce qu'elle fonce et devienne franchement odorante : c'est ce qui développe tout le parfum du curry.
Le poulet cuit trop longtemps et devient sec et filandreux. Coupez les morceaux régulièrement, comptez 12 à 15 minutes de mijotage maximum et retirez la sauteuse du feu dès que la viande s'effiloche facilement.
Le lait de coco bout à gros bouillons et la sauce tranche. Maintenez toujours un frémissement doux après avoir ajouté le reste du lait de coco, à couvert partiel et à feu doux.
Le basilic thaï est ajouté trop tôt et cuit dans la sauce. Incorporez-le uniquement hors du feu, juste avant de servir, pour qu'il garde sa fraîcheur et son parfum anisé.
L'équilibre sucré-salé-piquant n'est jamais vérifié avant de servir. Goûtez systématiquement en fin de cuisson et ajustez la sauce de poisson et le sucre de palme par petites touches.
Substitutions possibles
- Aubergines thaïes → Aubergine italienne coupée en petits dés (Texture plus fondante et moins amère, à ajouter seulement 8 minutes avant la fin.)
- Pousses de bambou → Haricots longs thaïs ou haricots verts (Blanchis 2 minutes puis ajoutés en même temps que les aubergines.)
- Feuilles de combava → Zestes de citron vert non traité (Moins intense mais dépanne bien si les feuilles fraîches sont introuvables.)
- Sucre de palme → Cassonade ou sucre roux (Goût légèrement moins complexe mais l'équilibre du plat reste correct.)
- Cuisses de poulet désossées → Blancs de poulet (Cuisson plus rapide à surveiller de près, la viande sera moins fondante.)
Variantes
- Version marine : remplacez le poulet par des boulettes de poisson et des crevettes décortiquées, ajoutées seulement 5 minutes avant la fin de cuisson.
- Version végétarienne : utilisez du tofu ferme doré à la poêle à la place du poulet, et remplacez la sauce de poisson par de la sauce soja claire.
- Curry vert de bœuf : remplacez le poulet par de fines lamelles de bœuf à braiser, saisies rapidement puis mijotées un peu plus longtemps jusqu'à tendreté.
- Version plus verte : ajoutez du chou plat émincé et des haricots longs en fin de cuisson pour un curry plus généreux en légumes.
Conservation
Le curry vert se conserve 3 jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique ; les saveurs s'intensifient même en reposant. Laissez-le refroidir à température ambiante avant de le couvrir, sans le laisser plus d'une heure hors du froid.
Congélation : Il se congèle bien jusqu'à 2 mois, idéalement sans le basilic thaï ni le piment frais, à ajouter après décongélation. Les aubergines perdent un peu de fermeté au dégel, mais la sauce reste parfaitement savoureuse. Décongelez au réfrigérateur avant de réchauffer.
Réchauffage : Réchauffez à feu doux dans une casserole en remuant régulièrement, sans jamais porter à forte ébullition pour ne pas faire trancher le lait de coco. Ajoutez un filet d'eau ou de lait de coco si la sauce a trop épaissi, puis parsemez de basilic thaï frais avant de servir.
Origine de la recette
Le kaeng khiao wan, littéralement « curry vert sucré », est né en Thaïlande centrale, dans la région de Bangkok, où l'usage généreux du lait de coco et le raffinement des pâtes d'épices pilées distinguent la cuisine de cour. Sa couleur vive vient des piments verts frais pilés avec citronnelle, galanga et coriandre, plutôt que des piments rouges séchés des currys plus anciens. Popularisé au XXe siècle bien au-delà de la Thaïlande, il reste aujourd'hui l'un des currys les plus servis dans les foyers comme dans les restaurants thaïlandais du monde entier.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 555 kcal
- Protéines
- 35 g
- Glucides
- 16 g
- Lipides
- 39 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Où trouver des aubergines thaïes et peut-on les remplacer ?
Elles se trouvent dans les épiceries asiatiques, fraîches ou parfois surgelées, sous le nom d'aubergines pois ou rondes thaïes. À défaut, une aubergine italienne classique coupée en dés convient, en l'ajoutant un peu plus tard car elle cuit plus vite.
Comment utiliser les feuilles de combava dans ce curry ?
Froissez-les entre les doigts avant de les ajouter pour libérer leur huile essentielle, puis laissez-les infuser dans la sauce tout au long de la cuisson. On les laisse dans le plat au service, mais elles ne se mangent pas telles quelles : on les pousse simplement de côté dans l'assiette.
Comment ajuster le niveau de piquant sans dénaturer le curry ?
Le piquant vient surtout de la pâte de curry : réduisez-en la quantité pour une version plus douce, ou augmentez-la légèrement plutôt que de multiplier les piments frais, qui servent avant tout de touche finale visuelle et légèrement piquante.
Peut-on préparer la pâte de curry vert maison ?
Oui, en pilant au mortier piments verts, citronnelle, galanga, échalote, ail, coriandre fraîche avec ses racines, pâte de crevettes et cumin torréfié ; elle se conserve une semaine au réfrigérateur et donne un curry nettement plus parfumé qu'une pâte du commerce.
Le curry vert est-il plus piquant que le curry rouge ?
Oui en général, car il utilise des piments verts frais souvent plus relevés que les piments rouges séchés du curry rouge ; le kaeng khiao wan est traditionnellement considéré comme l'un des currys thaïlandais les plus piquants malgré son nom « sucré ».
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Comment servir
Un chef dresse le curry vert dans un bol creux plutôt qu'une assiette plate, en laissant la sauce napper généreusement poulet et légumes. Le riz jasmin vapeur est servi à part, en dôme dans un bol, pour que chacun compose sa bouchée. Quelques feuilles de basilic thaï frais et un fin bâtonnet de piment rouge en garniture apportent couleur et parfum juste avant l'envoi.
Accompagnements : Riz jasmin vapeur, Œuf au plat croustillant (khai dao), Salade de concombre acidulée (ajad), Pak choï ou chou chinois sauté à l'ail
Boissons conseillées : Thé thaï glacé (cha yen), Bière thaïe blonde bien fraîche, Eau de coco fraîche, Limonade au citron vert et à la menthe