Soupes & veloutésCuisine thaïlandaise
Tom kha kai (soupe de poulet au lait de coco)
La tom kha kai est la version veloutée et réconfortante du répertoire thaïlandais des soupes acidulées : un bouillon de lait de coco infusé au galanga, à la citronnelle et aux feuilles de combava, où mijotent de fines lamelles de poulet et des champignons fondants. Moins mordante que le tom yum, elle joue sur l'équilibre entre la richesse crémeuse de la noix de coco et le piquant discret du citron vert et du piment, ajoutés hors du feu au tout dernier moment pour préserver leur fraîcheur.
15 min
Préparation
20 min
Cuisson
35 min
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Blancs de poulet400 g, coupés en fines lanières
- Échalotes3, pelées et émincées finement
- Galanga frais40 g (environ 6 tranches), pelé et coupé en fines tranches
- Citronnelle2 tiges, écrasées au dos d'un couteau, coupées en tronçons de 5 cm
- Feuilles de combava5, froissées entre les doigts
- Bouillon de volaille50 cl
- Lait de coco entier40 cl, bien remué avant utilisation
- Champignons de Paris200 g, nettoyés et émincés
- Sauce de poisson (nuoc-mâm)3 c. à soupe
- Sucre de palme1 c. à café, râpé ou en poudre
- Citron vert2, pressés
- Piments oiseaux2, légèrement écrasés, à doser selon le goût
- Coriandre fraîche1/2 bouquet, ciselée, pour le service
Matériel
- Grande casserole ou faitout à fond épais
- Couteau du chef et planche à découper
- Louche et cuillères de service
- Presse-agrumes (facultatif)
Préparation
Préparez tous les aromates avant de commencer : écrasez les tiges de citronnelle au dos d'un couteau puis coupez-les en tronçons de 5 cm, pelez le galanga et taillez-le en fines tranches, froissez les feuilles de combava entre les doigts pour libérer leur parfum, et émincez finement les échalotes. Coupez le poulet en fines lanières régulières et émincez les champignons de Paris. Cette étape conditionne tout : plus les aromates sont écrasés et froissés, plus le bouillon sera parfumé.
Dans une grande casserole, versez le bouillon de volaille et portez-le à léger frémissement avec la citronnelle, le galanga, les feuilles de combava et les échalotes. Laissez infuser à couvert 8 à 10 minutes à feu doux : le bouillon doit à peine frissonner, jamais bouillir à gros bouillons, et embaumer nettement le galanga et l'agrume dès que vous soulevez le couvercle.
Versez le lait de coco en remuant doucement, puis ramenez à un frémissement léger — de petites bulles discrètes en surface, jamais un bouillon franc, sinon le gras du lait de coco risque de se séparer et de rendre la texture granuleuse. Ajoutez alors le poulet émincé et laissez-le pocher 5 minutes environ, jusqu'à ce qu'il devienne opaque et tendre.
Ajoutez les champignons émincés et poursuivez la cuisson à frémissement doux pendant 3 à 4 minutes : ils doivent rester légèrement fermes sous la dent et non spongieux, en absorbant les parfums sans se déliter. Goûtez le poulet à ce stade pour vérifier qu'il est cuit à cœur mais encore moelleux.
Retirez la casserole du feu, puis incorporez la sauce de poisson et le sucre de palme en remuant jusqu'à dissolution complète. Goûtez et ajustez : le bouillon doit être rond et légèrement salé-sucré avant même l'ajout du citron, qui viendra apporter la touche acide finale.
Toujours hors du feu, pressez le jus des citrons verts directement dans la soupe et ajoutez les piments oiseaux légèrement écrasés, en dosant selon le goût recherché. C'est une étape cruciale : ajouter le citron sur le feu le rendrait amer et pourrait faire trancher le lait de coco, alors qu'à froid il conserve toute sa fraîcheur acidulée.
Répartissez la soupe dans des bols chauds, parsemez généreusement de coriandre fraîche ciselée et servez immédiatement, pendant qu'elle est encore fumante. Prévenez vos convives que la citronnelle, le galanga et les feuilles de combava ne se mangent pas : on les pousse simplement sur le bord de l'assiette.
Astuces du chef
- Le galanga, plus poivré et camphré que le gingembre, est irremplaçable ici : c'est la signature aromatique du tom kha, ne le substituez pas au gingembre.
- N'ajoutez le jus de citron vert et les piments qu'hors du feu, en toute fin de recette : la chaleur détruit l'acidité fraîche du citron et peut faire trancher le lait de coco.
- Ne laissez jamais le bouillon bouillir à gros bouillons une fois le lait de coco versé : un frémissement à peine visible suffit, sinon la matière grasse se sépare et la texture devient granuleuse.
- Froissez les feuilles de combava entre vos doigts avant de les plonger dans le bouillon pour libérer pleinement leur parfum d'agrume, sans les hacher — elles resteraient fibreuses en bouche.
Erreurs à éviter
Le lait de coco tranche ou devient granuleux Ne jamais porter à ébullition franche après l'ajout du lait de coco ; maintenir un frémissement à peine visible et remuer doucement plutôt que de fouetter énergiquement.
Le bouillon manque de parfum malgré les bons aromates Écraser réellement la citronnelle et le galanga au dos du couteau avant de les infuser, et laisser infuser au moins 8 à 10 minutes à couvert avant d'ajouter le poulet.
Le citron vert donne un goût amer à la soupe Presser le jus hors du feu, juste avant de servir, et ne jamais laisser mijoter la soupe une fois le citron ajouté : l'amertume se développe avec la chaleur prolongée.
Confondre tom kha et tom yum en dosant trop de piment Le tom kha doit rester doux et crémeux ; réservez un surplus de piment ou de pâte nam prik pao pour une variation plus corsée, pas pour la base classique.
Poulet caoutchouteux ou sec Émincer finement le poulet et le pocher à peine 5 minutes à frémissement doux ; il continue de cuire un peu hors du feu, retirez-le dès qu'il devient opaque.
Substitutions possibles
- Galanga frais → Galanga surgelé ou en saumure (Le galanga séché en poudre dépanne mais donne un parfum bien plus faible ; évitez le gingembre, qui change le goût du plat.)
- Feuilles de combava → Zestes de combava séchés (Doublez la quantité de zestes séchés émiettés ; le zeste de citron vert frais est un pis-aller qui manque de la note florale caractéristique.)
- Sauce de poisson → Sauce soja claire additionnée d'une pincée de sel (Rend le plat compatible avec un régime sans produits de la mer, au prix d'un peu d'umami.)
- Champignons de Paris → Champignons paille en boîte (C'est le champignon traditionnellement utilisé en Thaïlande ; égouttez-les bien avant de les ajouter.)
Variantes
- Tom kha goong : remplacez le poulet par des crevettes crues décortiquées, ajoutées seulement 3 minutes avant la fin pour qu'elles restent moelleuses.
- Tom kha het : version végétarienne uniquement aux champignons (paille, shiitaké et enoki mélangés), avec de la sauce soja claire à la place du nuoc-mâm.
- Une cuillère à café de pâte de piment nam prik pao ajoutée au bouillon donne une soupe plus corsée, légèrement sucrée-fumée et joliment orangée.
- Quelques tomates cerises coupées en deux, ajoutées avec les champignons, apportent une touche acidulée et colorée que l'on retrouve dans certains restaurants de Bangkok.
Conservation
Se conserve 2 jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique, poulet et champignons compris. Le parfum s'intensifie légèrement le lendemain, mais l'acidité du citron vert s'estompe : rectifiez avec quelques gouttes fraîches au moment de resservir.
Congélation : La congélation n'est pas recommandée : le lait de coco a tendance à se déliter et devenir granuleux à la décongélation, et le poulet poché perd en tenue. Si nécessaire, congelez le bouillon aromatique seul, sans poulet ni lait de coco, jusqu'à 1 mois, puis terminez la recette après décongélation.
Réchauffage : Réchauffez à feu doux dans une casserole, à couvert, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que la soupe soit chaude sans jamais frémir fort. Évitez le micro-ondes à pleine puissance, qui fait facilement trancher le lait de coco ; privilégiez une puissance moyenne et remuez à mi-cuisson.
Origine de la recette
Le tom kha kai puise ses racines dans la cuisine du centre de la Thaïlande, où le lait de coco, abondant dans les régions côtières et du sud, vient adoucir la tradition des bouillons aromatiques thaïlandais. Littéralement « soupe (tom) au galanga (kha) et au poulet (kai) », elle illustre l'équilibre thaïlandais entre acide, salé, sucré et pimenté, en version plus ronde et crémeuse que sa cousine plus célèbre, le tom yum. On la retrouve aujourd'hui aussi bien dans les cantines de rue à Bangkok que sur les tables des restaurants thaïlandais à l'international.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 340 kcal
- Protéines
- 27 g
- Glucides
- 9 g
- Lipides
- 22 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le tom kha kai et le tom yum kai ?
Le tom kha kai est une soupe crémeuse et douce, à base de lait de coco, alors que le tom yum kai est un bouillon clair, sans coco, beaucoup plus acide et pimenté. Les deux partagent citronnelle, galanga et feuilles de combava, mais le tom kha mise sur l'onctuosité tandis que le tom yum joue sur le piquant et l'acidité franche.
Peut-on remplacer le galanga par du gingembre ?
Ce n'est pas recommandé si vous voulez un vrai tom kha : le galanga a un parfum plus poivré, résineux et légèrement camphré, très différent du piquant chaud du gingembre. Le gingembre donnera une soupe correcte, mais qui n'aura plus le goût caractéristique du plat thaïlandais.
Pourquoi ma soupe est-elle devenue granuleuse ?
C'est presque toujours dû à une ébullition trop forte après l'ajout du lait de coco : la matière grasse se sépare du liquide. Gardez toujours un frémissement doux à partir de ce moment, et évitez de fouetter énergiquement.
Faut-il manger le galanga, la citronnelle et les feuilles de combava ?
Non, ce sont des aromates infusés pour parfumer le bouillon ; ils sont fibreux et peu agréables en bouche. On les laisse généralement sur le bord de l'assiette, ou on les retire avant de servir si l'on préfère.
Comment doser le piquant sans dénaturer le plat ?
Ajoutez les piments oiseaux écrasés progressivement hors du feu et goûtez avant de servir : le tom kha traditionnel reste modérément pimenté, la douceur du lait de coco devant rester perceptible. Retirez les graines pour un piquant plus subtil.
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Comment servir
Servez la tom kha kai dans de larges bols peu profonds, en répartissant équitablement poulet, champignons et bouillon crémeux, aromates bien visibles pour signaler qu'on ne les mange pas. Ajoutez un dernier voile de coriandre ciselée juste avant de porter à table, avec un quartier de citron vert à part et du riz jasmin vapeur en accompagnement.
Accompagnements : Riz jasmin vapeur, Riz gluant (khao niaw), Salade de papaye verte (som tam), Poisson vapeur au piment et citron vert, Légumes sautés à l'ail et à la sauce d'huître
Boissons conseillées : Thé glacé thaï (cha yen), Bière blonde thaïlandaise bien fraîche, Eau citronnée à la menthe, Thé au jasmin chaud