Volailles & viandesCuisine chinoise
Poulet Kung Pao
Le grand plat sauté du Sichuan : des dés de poulet marinés à la fécule pour rester juteux, sautés à feu vif au wok avec des piments séchés, du poivre du Sichuan et des cacahuètes grillées, puis liés d'une sauce vive qui marie le sucré, l'acide du vinaigre noir et le salé du soja. Le fameux mala — cette sensation à la fois piquante et légèrement engourdissante propre au Sichuan — s'installe progressivement sans jamais dominer le plat. Rapide à cuisiner une fois les ingrédients réunis, il demande surtout de la vitesse d'exécution et un wok bien chaud.
20 min
Préparation
10 min
Cuisson
30 min
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Blancs de poulet600 g, coupés en dés de 2 cm
- Cacahuètes grillées non salées80 g
- Piments rouges séchés10, coupés en deux, épépinés
- Poivre du Sichuan1 c. à café, torréfié à sec puis concassé
- Gingembre frais15 g, pelé et émincé finement
- Ail3 gousses, émincées finement
- Oignons nouveaux4, émincés, blanc et vert séparés
- Sauce soja4 c. à soupe, répartie entre marinade et sauce
- Vinaigre de riz noir (Chinkiang)2 c. à soupe
- Vin de Shaoxing2 c. à soupe, réparti entre marinade et sauce
- Sucre1 c. à soupe
- Fécule de maïs4 c. à café, répartie entre marinade et liaison
- Huile neutre4 c. à soupe, arachide ou colza
- Huile de sésame grillé1 c. à café, pour parfumer la sauce en fin
Matériel
- Wok
- Spatule de wok
- Deux petits bols pour la marinade et la sauce
- Assiette pour réserver le poulet
- Couteau de chef et planche à découper
Préparation
Coupez le poulet en dés réguliers de 2 cm, puis mélangez-les à la main avec 1 cuillère à soupe de sauce soja, 1 cuillère à soupe de vin de Shaoxing et 2 cuillères à café de fécule de maïs. Massez bien chaque morceau pour que la fécule les enrobe complètement, puis laissez reposer 15 minutes à température ambiante : ce voile de fécule protège la viande de la chaleur du wok et la garde moelleuse. Sans cette étape, le poulet sèche facilement en cuisson rapide.
Pendant que le poulet mariné, préparez la sauce dans un bol : le reste de la sauce soja, le vinaigre noir, le vin de Shaoxing restant, le sucre, la fécule restante et 4 cuillères à soupe d'eau. Fouettez jusqu'à dissolution complète du sucre et de la fécule, la sauce doit rester fluide et légèrement trouble. Gardez-la à portée de main : une fois le wok chaud, tout s'enchaîne en quelques minutes sans temps mort possible.
Coupez les piments séchés en deux dans leur longueur et secouez-les au-dessus de l'évier pour évacuer la majorité des graines, qui brûlent vite et apportent une amertume désagréable. Réservez-les avec le poivre du Sichuan : cette étape en amont est essentielle car, une fois le wok fumant, vous n'aurez plus le temps de manipuler des piments avec des doigts encore humides.
Faites chauffer le wok à sec jusqu'à ce qu'il fume légèrement, puis versez la moitié de l'huile et baissez immédiatement le feu à moyen. Ajoutez les piments et le poivre du Sichuan, faites-les frire 15 à 20 secondes en remuant sans cesse jusqu'à ce qu'ils foncent et embaument sans noircir. Un piment brûlé donne une amertume âcre à toute la sauce ; retirez du feu au moindre doute plutôt que d'attendre trop longtemps.
Remontez le feu à vif, ajoutez le reste de l'huile puis le poulet égoutté de sa marinade en une seule couche. Laissez-le saisir 30 secondes sans y toucher pour qu'une croûte dorée se forme, puis sautez-le 2 minutes jusqu'à ce qu'il soit juste cuit à cœur et légèrement doré sur les bords. Si le wok grésille moins et rend du liquide, c'est qu'il est surchargé : cuisez en deux fournées plutôt que de faire bouillir la viande.
Ajoutez l'ail, le gingembre et le blanc des oignons nouveaux, faites sauter 20 secondes en remuant constamment jusqu'à ce que le parfum se dégage nettement. Ces aromates finement coupés brûlent en quelques secondes à cette température : gardez la spatule en mouvement continu et n'attendez pas qu'ils dorent, l'odeur suffit à signaler qu'ils sont prêts.
Fouettez rapidement la sauce, dont la fécule a pu retomber au fond du bol, puis versez-la d'un coup dans le wok. Remuez vivement 30 à 45 secondes jusqu'à ce qu'elle épaississe et devienne brillante, nappant chaque morceau de poulet d'un glaçage soyeux couleur caramel foncé. La sauce est prête dès qu'elle nappe le dos d'une cuillère sans couler aussitôt.
Coupez le feu, incorporez aussitôt les cacahuètes, le vert des oignons nouveaux et le filet d'huile de sésame, mélangez juste assez pour les répartir. Servez immédiatement dans un plat chaud avec du riz vapeur : les cacahuètes doivent rester croquantes, ce qui n'est plus le cas si elles cuisent trop longtemps dans la sauce chaude.
Astuces du chef
- Le poivre du Sichuan donne le fameux mala, cette sensation piquante et légèrement engourdissante caractéristique du Sichuan : torréfiez-le à sec et concassez-le vous-même pour un parfum bien plus vif qu'en poudre déjà moulue.
- Le wok doit fumer légèrement avant d'y verser l'huile pour le poulet : un wok pas assez chaud fait rendre son eau à la viande, qui bout au lieu de saisir et devient caoutchouteuse.
- Préparez absolument tout — poulet mariné, sauce fouettée, piments coupés, aromates hachés — avant d'allumer le feu : le plat entier se cuit en moins de 5 minutes une fois le wok chaud, sans le temps de couper quoi que ce soit en cours de route.
- Ajoutez les cacahuètes seulement hors du feu, à la toute fin : cuites dans la sauce chaude plus de quelques secondes, elles ramollissent et perdent le croquant qui fait le charme de ce plat.
Erreurs à éviter
Laisser brûler les piments séchés et le poivre du Sichuan dans l'huile Faites-les frire à feu moyen, pas vif, pendant 15 à 20 secondes en remuant sans arrêt ; dès qu'ils foncent et embaument, retirez le wok du feu le temps d'ajouter le poulet.
Faire cuire le poulet sans l'avoir mariné à la fécule Massez toujours la viande avec sauce soja, vin de Shaoxing et fécule au moins 15 minutes avant cuisson : ce voile protecteur évite qu'elle ne durcisse à la chaleur vive du wok.
Surcharger le wok en ajoutant tout le poulet d'un coup dans un wok trop petit Cuisez en deux fournées si nécessaire : un wok surchargé fait bouillir la viande dans son jus au lieu de la saisir, ce qui la rend grise et caoutchouteuse.
Ajouter les cacahuètes trop tôt, en même temps que le poulet Réservez-les jusqu'à la toute fin, hors du feu, pour qu'elles gardent leur croquant au lieu de ramollir dans la sauce chaude.
Verser la sauce sans l'avoir refouettée juste avant La fécule retombe rapidement au fond du bol ; fouettez la sauce une dernière fois avant de la verser pour éviter des grumeaux ou une liaison inégale dans le wok.
Substitutions possibles
- Blancs de poulet → Hauts de cuisse de poulet désossés (Plus traditionnels au Sichuan et plus juteux à la cuisson rapide du wok, au prix d'un léger surcroît de préparation pour retirer peau et nerfs.)
- Cacahuètes grillées non salées → Noix de cajou grillées (Variante répandue hors de Chine, au goût plus doux ; ajoutez-les de la même façon, hors du feu, en toute fin de cuisson.)
- Piments rouges séchés → Flocons de piment séché (chili flakes) (À défaut de piments entiers, comptez environ 1 cuillère à café de flocons ajoutée avec le poivre du Sichuan, en réduisant le temps de friture.)
- Vinaigre de riz noir (Chinkiang) → Vinaigre balsamique léger dilué avec un peu d'eau (Le résultat s'éloigne du profil fumé du vinaigre chinois mais dépanne pour l'acidité et la couleur sombre de la sauce.)
Variantes
- Remplacez le poulet par des crevettes décortiquées ou du tofu ferme coupé en cubes, ajoutés seulement en toute fin de cuisson pour éviter de les dessécher ou de les briser.
- Ajoutez des dés de poivron rouge et de céleri branche en même temps que l'ail et le gingembre pour une version plus légumière et plus croquante, très courante dans les restaurants sichuanais.
- Incorporez une cuillère à café de doubanjiang à la sauce pour une version plus corsée et plus rouge, proche de ce que l'on trouve dans certains restaurants populaires du Sichuan.
- Pour une version plus douce adaptée aux enfants, réduisez de moitié les piments séchés et le poivre du Sichuan sans changer le reste de la recette : le sucré-salé domine alors largement le mala.
Conservation
Conservez le poulet Kung Pao dans un contenant hermétique au réfrigérateur pendant 2 jours maximum ; les cacahuètes perdront un peu de leur croquant mais le plat reste savoureux.
Congélation : La congélation est possible jusqu'à un mois, sans les cacahuètes qui deviennent molles une fois décongelées : ajoutez-en de fraîchement grillées au moment de réchauffer le plat.
Réchauffage : Réchauffez à feu vif dans un wok ou une poêle bien chaude, quelques minutes en remuant, sans couvercle pour éviter que la sauce ne se dilue ; évitez le micro-ondes qui rend le poulet caoutchouteux.
Origine de la recette
Le poulet Kung Pao, ou gong bao ji ding, tire son nom de Ding Baozhen, gouverneur du Sichuan sous la dynastie Qing au XIXe siècle, dont le titre honorifique était « Gong Bao ». La légende raconte que ce haut fonctionnaire appréciait particulièrement un sauté de poulet aux piments et aux cacahuètes préparé par son cuisinier personnel, au point que le plat finit par porter son titre. Popularisé bien au-delà du Sichuan, il reste l'un des exemples les plus connus de la cuisine mala à l'international, souvent adapté et édulcoré hors de Chine.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 415 kcal
- Protéines
- 35 g
- Glucides
- 13 g
- Lipides
- 25 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la sensation « mala » dans ce plat ?
Mala signifie « engourdissant et piquant » en chinois. Le piquant vient des piments séchés frits dans l'huile, tandis que l'engourdissement caractéristique sur la langue est produit par le poivre du Sichuan, qui contient une molécule unique appelée hydroxy-alpha-sanshool. Les deux sensations se superposent sans que l'une domine totalement l'autre.
Comment ajuster le piquant si je crains que ce soit trop fort ?
Réduisez le nombre de piments séchés de moitié et retirez bien toutes les graines, qui concentrent une grande part du piquant. Vous pouvez aussi diminuer le poivre du Sichuan à une demi-cuillère à café : la sauce sucrée-salée reste très savoureuse même avec un mala nettement atténué.
Faut-il vraiment mariner le poulet à la fécule avant de le cuire ?
Oui, c'est l'étape qui fait toute la différence de texture. Cette technique, proche du velvetage utilisé dans la cuisine chinoise, enrobe chaque morceau d'un fin voile protecteur qui empêche la viande de se dessécher à la chaleur vive du wok, même en quelques minutes de cuisson.
Où trouver des piments séchés et du poivre du Sichuan ?
Les épiceries asiatiques en vendent presque toujours, souvent sous les noms piments facing heaven et poivre du Sichuan ou huajiao. À défaut, la vente en ligne spécialisée propose un choix plus large, notamment pour le poivre du Sichuan rouge, le plus courant pour ce plat.
Peut-on préparer certains éléments à l'avance pour un repas plus rapide ?
Mariner le poulet et préparer la sauce peuvent se faire quelques heures à l'avance, couverts au réfrigérateur pour la marinade et à température ambiante pour la sauce. La cuisson elle-même doit rester la toute dernière étape, faite au moment de servir, pour préserver le croquant des cacahuètes.
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Comment servir
Dressez le poulet Kung Pao dans un plat creux ou au wok apporté à table, à la manière conviviale des tables sichuanaises. Un professionnel veille à ce que piments et cacahuètes restent visibles en surface plutôt que noyés sous la sauce, et parsème un dernier peu de vert d'oignon cru avant de servir. Accompagnez de riz vapeur servi à part, en petits bols individuels.
Accompagnements : Riz vapeur nature, Pak choï sauté à l'ail, Concombre écrasé à la sauce vinaigrée, Soupe claire aux œufs et à la tomate, Salade de vermicelles de riz épicée
Boissons conseillées : Thé vert de Chine (longjing), Thé au jasmin, Bière chinoise légère (Tsingtao), Eau citronnée bien fraîche