Soupes & veloutésCuisine coréenne
Kimchi jjigae
Le kimchi jjigae est le ragoût du quotidien par excellence en Corée : un kimchi bien mûr et acidulé mijote avec de la poitrine de porc et du tofu ferme dans un bouillon rouge, corsé et profondément réconfortant. Longuement sauté puis mijoté jusqu'à ce que ses sucres se concentrent, il se sert bouillonnant, directement dans sa marmite, avec un bol de riz blanc pour absorber chaque goutte. C'est aussi la meilleure façon de transformer un pot de kimchi trop fermenté en l'un des plats les plus aimés de toute la Corée.
15 min
Préparation
30 min
Cuisson
45 min
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Kimchi bien mûr400 g, coupé en morceaux de 2 cm, jus réservé à part
- Poitrine de porc250 g, coupée en tranches fines de 5 mm
- Tofu ferme200 g, égoutté et coupé en cubes de 2 cm
- Oignon jaune1 (environ 150 g), émincé finement
- Oignons nouveaux3, émincés, blanc et vert séparés
- Gochugaru (piment coréen en poudre)2 c. à soupe
- Gochujang (pâte de piment fermentée)1 c. à soupe
- Ail3 gousses, hachées finement
- Sucre1 c. à café
- Huile de sésame grillé1 c. à soupe
- Jus de kimchi10 cl
- Eau ou bouillon (dashi ou anchois)60 cl
Matériel
- Ttukbaegi (marmite en terre cuite coréenne) ou cocotte à fond épais
- Couteau de chef et planche à découper
- Cuillère en bois
- Louche
Préparation
Préparez tous les ingrédients avant d'allumer le feu : tranchez le porc finement, coupez le kimchi en morceaux en réservant son jus, coupez le tofu en cubes et émincez oignon, ail et oignons nouveaux en séparant le blanc du vert. Ce plat s'enchaîne vite une fois lancé, et avoir tout à portée de main évite de laisser brûler le porc ou les épices pendant que vous coupez encore un légume.
Faites chauffer l'huile de sésame dans le ttukbaegi ou la cocotte à feu moyen. Ajoutez le porc et l'ail, laissez dorer 4 à 5 minutes sans trop remuer : la viande doit brunir sur les bords et relâcher son gras, qui va parfumer tout le bouillon. Remuer sans cesse à ce stade empêche la caramélisation et donne un porc simplement bouilli, sans le goût grillé qui fait la base du plat.
Ajoutez le kimchi égoutté et faites-le revenir 5 à 7 minutes dans le gras du porc, sans précipiter cette étape trop souvent négligée : il doit passer d'un rose cru à un rouge brique plus profond, et son odeur doit devenir sucrée-acidulée plutôt que crue. C'est ce sauté qui construit la profondeur du jjigae ; l'ajouter directement au bouillon donne un plat plat et simplement acide, sans rondeur.
Poussez le kimchi sur le côté, déposez le gochugaru, le gochujang et le sucre au centre de la marmite, laissez chauffer 30 secondes dans le gras pour réveiller leurs arômes, puis mélangez bien le tout. Gardez un feu moyen : sur feu vif, le gochugaru brûle en quelques secondes et laisse une amertume désagréable qu'aucune cuisson ultérieure ne rattrape.
Versez le jus de kimchi puis l'eau ou le bouillon, ajoutez l'oignon émincé, portez à ébullition puis réduisez à frémissement. Couvrez et laissez mijoter 20 minutes : le bouillon doit prendre une teinte rouge-orangé profonde, se napper d'un léger film huileux en surface, et le porc doit être fondant. Goûtez à mi-cuisson, un jjigae trop acide se corrige d'une pincée de sucre, un jjigae trop plat d'un peu de jus de kimchi.
Déposez délicatement les cubes de tofu et le blanc des oignons nouveaux à la surface, sans les enfoncer. Laissez cuire encore 5 minutes à découvert en vous contentant d'incliner la marmite ou d'arroser le tofu de bouillon à la louche plutôt que de remuer : le tofu ferme chaud reste fragile et se délite en miettes au moindre coup de cuillère, ce qui trouble le bouillon au lieu de laisser des cubes nets.
Parsemez le vert des oignons nouveaux juste avant de servir pour leur fraîcheur et leur couleur. Apportez la marmite encore bouillonnante à table : le kimchi jjigae se déguste toujours très chaud, directement dans son plat de cuisson, avec un bol de riz blanc bombé à côté pour équilibrer le piquant et l'acidité du bouillon.
Astuces du chef
- Plus votre kimchi est mûr et acide, meilleur sera le jjigae : c'est précisément le plat qui sauve un pot de kimchi trop fermenté que vous n'osez plus manger tel quel.
- Ne dégraissez pas le porc après cuisson : ce gras rendu est ce qui lie et arrondit tout le bouillon, un jjigae préparé avec une viande trop maigre paraîtra toujours sec.
- Faites toujours revenir le kimchi dans le gras avant d'ajouter le moindre liquide : c'est cette étape, et non la durée de mijotage, qui fait la différence entre un bouillon plat et un bouillon profond.
- Goûtez systématiquement en fin de cuisson : une pincée de sucre arrondit un kimchi trop acide, un filet de jus de kimchi réveille un bouillon trop plat.
Erreurs à éviter
Utiliser un kimchi frais et peu fermenté au lieu d'un kimchi bien mûr et acide. Choisissez un kimchi affiné au moins 3 à 4 semaines au réfrigérateur, voire davantage : son acidité prononcée est essentielle à l'équilibre du plat. Un kimchi trop jeune donne un jjigae fade et sans caractère, quelle que soit la quantité de piment ajoutée.
Jeter le kimchi directement dans le bouillon sans le faire revenir au préalable. Prenez toujours 5 à 7 minutes pour sauter le kimchi dans le gras du porc avant d'ajouter le liquide : cela caramélise ses sucres et concentre son goût, une étape qui change radicalement la profondeur du plat fini.
Remuer le ragoût une fois le tofu ajouté. Contentez-vous d'incliner la marmite ou d'arroser le tofu à la louche une fois qu'il est dans le bouillon : un tofu ferme chaud se délite très vite sous une cuillère et le ragoût perd ses morceaux nets.
Choisir une poitrine de porc trop maigre pour alléger la recette. Gardez une poitrine bien persillée : c'est son gras rendu à la cuisson qui donne au bouillon sa rondeur caractéristique ; un morceau maigre donne un jjigae sec et sans corps.
Laisser bouillir le ragoût à gros bouillons pendant tout le mijotage. Après l'ébullition initiale, réduisez toujours à un frémissement doux : une ébullition trop vive émulsionne le gras de façon disgracieuse et abîme la tenue du tofu.
Substitutions possibles
- Poitrine de porc → Thon en conserve égoutté (Ajouté en fin de cuisson avec le tofu plutôt que sauté au début : c'est la version chamchi kimchi jjigae, très courante en Corée.)
- Poitrine de porc → Champignons shiitake réhydratés (Pour une version végétarienne, faites-les revenir avec un peu plus d'huile et utilisez un bouillon de kombu à la place de l'eau.)
- Gochujang → Doenjang (pâte de soja fermentée) (En quantité égale ou légèrement réduite, apporte une note plus umami et moins sucrée, réservée aux amateurs de saveurs plus corsées.)
Variantes
- Chamchi kimchi jjigae : remplacez le porc par une boîte de thon égoutté ajoutée en toute fin de cuisson avec le tofu, une version rapide très populaire dans les foyers coréens.
- Ramyeon kimchi jjigae : ajoutez un bloc de nouilles ramen instantanées 3 minutes avant la fin de cuisson pour un plat plus nourrissant.
- Avec du spam : quelques tranches saisies en même temps que le porc, une association très appréciée depuis les années d'après-guerre en Corée.
- Version tout tofu : supprimez le porc, doublez le tofu et utilisez un bouillon de kombu et de champignons séchés pour un jjigae végétarien tout aussi savoureux.
Conservation
Le kimchi jjigae se conserve 3 jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique et gagne en profondeur le lendemain, les saveurs ayant eu le temps de se lier. Laissez-le toujours refroidir à température ambiante avant de le couvrir, pour éviter la condensation qui dilue le bouillon.
Congélation : Il se congèle très bien jusqu'à 2 mois, idéalement sans le tofu qui perd sa tenue à la décongélation : congelez le bouillon avec le porc et le kimchi, puis ajoutez du tofu frais au moment de réchauffer. Décongelez toujours une nuit au réfrigérateur avant de réchauffer.
Réchauffage : Réchauffez à feu doux dans une casserole ou directement dans le ttukbaegi, en ajoutant un peu d'eau ou de bouillon si le liquide a trop réduit. Évitez le micro-ondes, qui chauffe le tofu de façon inégale ; portez juste à petits frémissements avant de servir bouillonnant.
Origine de la recette
Le kimchi jjigae est l'un des plats les plus quotidiens de la table coréenne, né du besoin d'utiliser le kimchi devenu trop fermenté au fil des saisons, avant l'ère du réfrigérateur. Mijoté avec ce que l'on avait sous la main, porc, tofu, parfois thon en conserve après-guerre, il incarne la cuisine populaire coréenne : économique, réconfortante et jamais tout à fait la même d'une maison à l'autre. Il reste aujourd'hui le repas de semaine par excellence, souvent préparé en grande quantité puis réchauffé plusieurs jours de suite.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 480 kcal
- Protéines
- 16 g
- Glucides
- 13 g
- Lipides
- 39 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Pourquoi mon kimchi jjigae a-t-il un goût plat malgré tous les ingrédients ?
C'est presque toujours parce que le kimchi utilisé n'était pas assez mûr ou qu'il n'a pas été sauté assez longtemps avant d'ajouter le liquide. Un kimchi jeune manque d'acidité et de complexité, et sans l'étape de sauté, même un bon kimchi ne développe pas ses arômes les plus profonds.
Que faire d'un kimchi devenu trop acide et presque imbuvable tel quel ?
C'est exactement l'usage pour lequel le kimchi jjigae existe : plus le kimchi est vieux et acide, plus il donnera un bouillon riche et équilibré une fois mijoté avec le porc et une pincée de sucre pour arrondir cette acidité.
Comment adapter le niveau de piquant du plat ?
Réduisez le gochugaru et le gochujang de moitié pour une version douce, ou ajoutez un piment vert coréen émincé en fin de cuisson pour plus de chaleur. Le gochujang apporte surtout de la profondeur, le gochugaru surtout le piquant : ajustez l'un ou l'autre selon l'effet recherché.
Peut-on préparer ce plat sans porc pour une version plus légère ?
Oui, en le remplaçant par du thon en conserve ajouté en fin de cuisson, ou par des champignons shiitake et un bouillon de kombu pour une version végétarienne ; le résultat sera moins riche mais tout aussi savoureux grâce au kimchi bien mûr.
Pourquoi le tofu se délite-t-il dans mon bouillon ?
Le tofu ferme chaud est fragile : déposez-le en fin de cuisson et évitez tout mélange à la cuillère. Arrosez-le de bouillon ou inclinez la marmite au lieu de remuer, pour qu'il reste en cubes nets jusqu'au service.
Avis
Aucun avis pour l'instant — soyez la première personne à en laisser un.
Connectez-vous pour laisser un avis sur cette recette.



Comment servir
Présentez le kimchi jjigae comme au restaurant coréen, dans sa marmite en terre cuite retirée du feu, encore bouillonnante, posée sur un dessous-de-plat au centre de la table. Chacun se sert dans son bol de riz, alternant riz nature et cuillerée de bouillon brûlant, de porc fondant et de tofu. Quelques graines de sésame grillées en surface complètent la présentation.
Accompagnements : Kimchi de chou traditionnel, Épinards assaisonnés (sigeumchi namul), Pousses de soja assaisonnées (kongnamul muchim), Œuf roulé coréen (gyeran mari), Riz blanc vapeur
Boissons conseillées : Bière coréenne légère (Cass ou Hite), Makgeolli (vin de riz fermenté), Soju nature bien glacé, Thé d'orge grillé (boricha)