Plats completsCuisine japonaise
Katsudon
Le grand bol réconfortant du Japon : une escalope de porc croustillante, panée au panko doré, posée sur un riz chaud nappé d'un bouillon dashi sucré-salé où l'oignon fond doucement et où l'œuf, à peine pris, enveloppe chaque bouchée d'une texture soyeuse. Né dans les cantines populaires du début du XXe siècle, le katsudon reste l'un des donburi les plus appréciés au Japon, entre plat du quotidien et repas porte-bonheur avant un examen. Chaque bol est cuisiné individuellement dans sa propre petite poêle pour un œuf parfaitement crémeux et un tonkatsu qui reste croustillant.
20 min
Préparation
20 min
Cuisson
40 min
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Escalopes de porc (filet ou échine)4 (environ 140 g chacune), aplaties légèrement au maillet, gras entaillé
- Sel fin1/2 c. à café
- Poivre du moulinau goût
- Farine60 g, tamisée dans une assiette creuse
- Œufs10, 2 battus pour la panure, 8 pour la garniture (2/bol)
- Chapelure panko150 g
- Huile de friture neutre50 cl, pour une friture à la poêle
- Riz japonais300 g, rincé jusqu'à eau claire
- Oignon2, émincés finement
- Dashi40 cl
- Sauce soja6 c. à soupe
- Mirin5 c. à soupe
- Sucre2 c. à soupe
Matériel
- Grande poêle profonde ou friteuse pour la friture
- Petite poêle individuelle avec couvercle (16-18 cm, type poêle à donburi)
- Thermomètre de cuisson
- Trois assiettes creuses pour la panure
- Écumoire ou araignée
- Cuiseur à riz ou casserole avec couvercle
- Spatule à riz (shamoji)
- Grands bols à donburi
Préparation
Rincez le riz japonais à l'eau froide en le frottant doucement entre vos mains jusqu'à ce que l'eau ressorte presque claire : cela élimine l'excès d'amidon en surface et évite un riz gluant à l'extérieur. Égouttez puis faites-le cuire à l'absorption au cuiseur à riz ou en casserole couverte. Laissez reposer 10 minutes à couvert sans soulever le couvercle, puis gardez-le chaud sous un torchon humide : ce riz nacré et légèrement collant est le socle qui doit absorber la sauce sans se détremper.
Salez et poivrez les escalopes de porc des deux côtés, puis aplatissez-les légèrement au maillet à travers un film alimentaire pour uniformiser l'épaisseur à environ 1 cm : la viande cuira ainsi régulièrement sans que les bords ne se dessèchent avant le centre. Entaillez le gras en périphérie tous les 2-3 cm pour empêcher les escalopes de se recroqueviller à la friture. Installez trois assiettes (farine, œufs battus, panko) et panez chaque escalope dans cet ordre en pressant fermement pour une croûte épaisse et régulière.
Faites chauffer l'huile à 175 °C : vérifiez au thermomètre, ou avec une pincée de panko qui doit grésiller et remonter aussitôt en surface. Glissez-y les escalopes une à deux à la fois pour ne pas faire chuter la température, et laissez frire 4 à 5 minutes en les retournant à mi-cuisson, jusqu'à une croûte bien dorée et croustillante. Égouttez 2 minutes sur une grille avant de découper en lanières de 2 cm : une huile trop froide donne un panko gras, trop chaude, une croûte brûlée avant que le porc ne soit cuit à cœur.
Pour chaque portion, dans une petite poêle individuelle, portez à frémissement un quart du dashi avec la sauce soja, le mirin et le sucre, ajoutez un quart de l'oignon émincé et laissez cuire 2 à 3 minutes jusqu'à ce qu'il devienne translucide et à peine fondant, sans compoter. Ce bouillon parfumé, le warishita, est ce qui distingue le katsudon d'un simple tonkatsu-riz : il doit rester légèrement liquide pour imbiber le riz sans le noyer, goûtez et rectifiez en sel avec un peu de sauce soja si besoin.
Déposez un tonkatsu tranché sur l'oignon mijoté, puis versez 2 œufs battus en filet tout autour et sur la viande, en gardant un peu d'œuf cru visible au centre. Couvrez aussitôt et laissez cuire à feu moyen-doux 45 secondes à 1 minute pour un centre coulant, 1 minute 30 pour un œuf à peine pris mais crémeux. Coupez le feu dès que le blanc est juste opaque sur les bords : la chaleur résiduelle sous couvercle termine la prise en 15 à 20 secondes. Un œuf laissé plus longtemps devient ferme et caoutchouteux, perdant tout l'intérêt du plat.
Faites glisser délicatement le contenu de la poêle sur un bol de riz chaud en un geste continu, sans casser la structure de l'œuf, puis nappez d'une cuillerée du bouillon restant pour humidifier le riz du dessus. Servez immédiatement pendant que le panko est encore croustillant et l'œuf tiède et soyeux ; répétez poêle par poêle pour chaque convive plutôt que de tout préparer d'avance, car le katsudon n'attend pas et l'œuf continuerait de cuire dans son bol.
Astuces du chef
- L'œuf ne doit surtout pas trop cuire : coupez le feu dès que le blanc est juste pris sur les bords, la chaleur résiduelle sous le couvercle termine la cuisson en quelques secondes pour un cœur encore coulant.
- Le panko donne une croûte alvéolée et croustillante qu'aucune chapelure fine ne peut égaler ; ne le remplacez pas, et pressez-le fermement sur la viande pour qu'il adhère bien avant la friture.
- Préparez chaque bol dans sa propre petite poêle plutôt qu'en une seule grande quantité : c'est ce qui permet à l'œuf de cuire uniformément et au tonkatsu de rester croustillant jusqu'au service.
- Salez la viande crue, jamais la panure : le sel appliqué directement sur le porc pénètre la chair, alors qu'un assaisonnement tardif reste en surface et détrempe le panko.
Erreurs à éviter
Cuire l'œuf jusqu'à ce qu'il soit complètement figé Coupez le feu dès que le blanc est tout juste opaque sur les bords et laissez la chaleur résiduelle sous couvercle terminer la prise 15 à 20 secondes : l'œuf doit rester crémeux, jamais caoutchouteux.
Panko détrempé et pas assez croustillant après la friture Égouttez le tonkatsu sur une grille plutôt qu'à plat sur du papier absorbant, qui emprisonne la vapeur sous la panure, et ne le couvrez jamais avant de le trancher et de servir.
Huile pas assez chaude, panure grasse et lourde Vérifiez la température à 175 °C au thermomètre avant chaque friture et laissez-la remonter entre deux escalopes ; une pincée de panko doit grésiller immédiatement au contact de l'huile.
Riz trop mou ou pas assez collant pour soutenir la garniture Rincez bien le riz avant cuisson pour retirer l'amidon de surface, respectez le ratio eau/riz de votre cuiseur, et laissez-le reposer 10 minutes à couvert avant de servir.
Préparer tous les bols en même temps dans une seule grande poêle Cuisinez chaque portion séparément dans une petite poêle individuelle : c'est la seule façon d'obtenir un œuf à la cuisson homogène et un service immédiat, bol après bol.
Escalopes trop épaisses ou d'épaisseur irrégulière Aplatissez-les légèrement au maillet à travers un film alimentaire pour une épaisseur uniforme d'environ 1 cm, garantissant une cuisson simultanée du panko et du porc à cœur.
Substitutions possibles
- Escalopes de porc → Filets de poulet (Pour un chicken katsudon, réduisez la friture à 3-4 minutes selon l'épaisseur, le poulet cuit plus vite que le porc.)
- Dashi → Bouillon de volaille léger + pincée de katsuobushi (Un dépannage correct en l'absence de dashi préparé, mais le goût umami sera un peu moins marqué.)
- Mirin → Saké + une pincée de sucre supplémentaire (Le mirin apporte une douceur sirupeuse difficile à reproduire exactement, mais ce mélange s'en approche bien.)
Variantes
- En chicken katsudon, remplacez le porc par des filets de poulet panés de la même façon : seule la cuisson à la friture est un peu plus rapide.
- Parsemez de fines lamelles de mitsuba ou de ciboule ciselée et d'une pincée de shichimi togarashi juste avant de servir pour relever le bol d'une touche piquante et herbacée.
- En katsu curry don, nappez le riz d'une cuillerée de curry japonais épais avant d'y déposer le tonkatsu tranché, sans œuf ni bouillon dashi.
- Pour un tanindon plus simple, remplacez le tonkatsu par de fines tranches de bœuf ou de poulet non panées, saisies directement dans le bouillon avec l'oignon.
Conservation
Le katsudon se déguste immédiatement : l'œuf mollet et le panko croustillant ne supportent pas l'attente. Si besoin, conservez les composants séparément au réfrigérateur : le tonkatsu frit non nappé se garde 2 jours dans une boîte hermétique, le riz cuit 2 jours filmé, et préparez le bouillon et l'œuf frais au moment de servir.
Congélation : Le tonkatsu cru pané se congèle très bien jusqu'à 1 mois, posé à plat puis emballé individuellement pour éviter qu'il ne colle ; faites-le frire encore surgelé en prolongeant la cuisson de 2 à 3 minutes. Ne congelez jamais le plat assemblé avec l'œuf, qui devient aqueux et granuleux à la décongélation.
Réchauffage : Réchauffez le tonkatsu seul, sans l'œuf ni le riz, 8 à 10 minutes dans un four à 180 °C ou à l'air fryer pour restaurer le croustillant, jamais au micro-ondes qui le ramollit. Réchauffez le riz à la vapeur ou au micro-ondes couvert d'un linge humide, puis préparez le bouillon et l'œuf frais : c'est la seule façon de retrouver la texture d'un katsudon fraîchement préparé.
Origine de la recette
Le katsudon apparaît au Japon dans les années 1910-1920, dans la foulée du tonkatsu, lui-même inspiré des escalopes panées occidentales introduites à l'ère Meiji. Des restaurants de Tokyo et de Fukui ont chacun revendiqué son invention, l'idée étant de transformer le tonkatsu en un plat de riz complet, mijoté avec œuf et oignon à la façon de l'oyakodon. Le plat s'est imposé comme un classique des cantines de quartier, au point de devenir un symbole porte-bonheur avant un examen : son nom katsu (勝つ, « gagner ») évoquant la victoire pour les étudiants comme pour les sportifs.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 860 kcal
- Protéines
- 39 g
- Glucides
- 91 g
- Lipides
- 31 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Pourquoi mon œuf devient-il caoutchouteux au lieu de rester crémeux ?
C'est presque toujours une question de timing : au-delà d'1 minute 30 à feu couvert, les protéines de l'œuf se resserrent complètement. Coupez le feu dès que le blanc est juste opaque sur les bords et laissez le couvercle terminer la cuisson hors du feu quelques secondes.
Peut-on préparer le katsudon à l'avance pour plusieurs convives ?
Vous pouvez paner et même préfrire les tonkatsu quelques heures à l'avance et les réchauffer au four juste avant, mais la cuisson de l'œuf et l'assemblage doivent impérativement se faire à la minute, poêle par poêle, pour chaque convive.
Faut-il vraiment une petite poêle individuelle, ou une seule grande poêle suffit-elle ?
Elle est fortement recommandée : elle permet à l'œuf de cuire en une fine couche uniforme autour du tonkatsu. Dans une grande poêle pour plusieurs portions, l'œuf cuit de façon inégale et le service devient plus compliqué.
Quelle est la différence entre katsudon et tonkatsu classique ?
Le tonkatsu est l'escalope panée servie avec du riz et du chou à part ; le katsudon reprend ce même tonkatsu mais le fait mijoter avec l'oignon dans un bouillon dashi sucré-salé puis le lie à l'œuf directement sur le riz, dans un seul bol.
Le riz doit-il être aussi collant que pour des sushis ?
Oui, un riz japonais rond correctement rincé et cuit à l'absorption est indispensable : sa texture légèrement collante permet de le manger aux baguettes et de bien retenir le bouillon, contrairement à un riz long grain trop sec et grain à grain.
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Comment servir
Servez le katsudon dans un bol à donburi en céramique, jamais une assiette plate : sa forme profonde retient la chaleur et laisse le riz absorber le bouillon. Faites glisser le tonkatsu nappé d'œuf directement de la poêle sur le riz, sans le recomposer à la main. Ajoutez un trait de bouillon sur les bords et une pincée de ciboule ciselée au centre, puis servez aussitôt avec baguettes et cuillère.
Accompagnements : Soupe miso au wakame et tofu, Tsukemono (légumes marinés japonais), Salade de chou finement émincé à la sauce sésame, Concombre mariné au vinaigre sucré (sunomono)
Boissons conseillées : Thé vert sencha ou hojicha, Bière japonaise légère (Asahi, Kirin), Mugicha (thé d'orge grillé) glacé