Volailles & viandesCuisine coréenne
Dak-gangjeong (poulet frit coréen)
Star incontestée du chikin coréen, le dak-gangjeong est un poulet frit deux fois à la croûte fine et craquante, enrobé à chaud d'une sauce brillante au gochujang, au miel et à l'ail. Sucrée, relevée et légèrement acidulée, elle colle aux morceaux sans jamais les ramollir. Servi brûlant, parsemé de cacahuètes concassées et de sésame grillé, ce classique de la street food se déguste avec du riz vapeur, quelques légumes marinés et une bière bien fraîche.
20 min
Préparation
25 min
Cuisson
45 min
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Hauts de cuisse de poulet désossés800 g, coupés en bouchées de 3 cm
- Sel fin1/2 c. à café
- Fécule de pomme de terre150 g
- Œufs2, battus
- Gochujang3 c. à soupe
- Ketchup2 c. à soupe
- Miel3 c. à soupe
- Sauce soja2 c. à soupe
- Ail4 gousses, hachées finement
- Gingembre frais1 morceau de 2 cm, pelé et râpé
- Vinaigre de riz1 c. à soupe
- Huile de friture neutre1,2 l
- Cacahuètes non salées3 c. à soupe, concassées
- Graines de sésame1 c. à soupe, grillées
Matériel
- Faitout ou poêle profonde à bords hauts
- Thermomètre de cuisson
- Écumoire ou araignée
- Grille de refroidissement
- Grand bol de mélange
- Petite casserole pour la sauce
- Planche à découper et couteau de chef
Préparation
Sur une planche, découpez les hauts de cuisse en bouchées régulières d'environ 3 cm : des morceaux de taille homogène cuisent uniformément, sinon les plus petits dessèchent pendant que les plus gros restent crus au centre. Salez généreusement et laissez reposer 10 minutes à température ambiante : le sel pénètre la chair et relève le goût du poulet, une étape souvent négligée qui change tout en bouche.
Battez les œufs dans un bol. Trempez chaque morceau de poulet dans l'œuf puis roulez-le dans la fécule en pressant bien pour former une croûte épaisse et irrégulière : contrairement à la farine de blé, la fécule de pomme de terre donne après friture une carapace fine, craquelée et légère. Secouez l'excédent avant de frire, sinon des amas de fécule crue tombent dans l'huile et brûlent, donnant un goût âcre.
Versez l'huile dans un faitout profond sur au moins 6 cm de hauteur et chauffez-la à 160 °C au thermomètre : une pointe de pâte doit y remonter doucement en petites bulles régulières, sans noircir. Une huile pas assez chaude fait gorger le poulet de gras et donne une croûte molle ; ne vous fiez jamais à l'œil seul pour cette étape, un thermomètre de cuisson est ici indispensable.
Plongez le poulet par petites fournées de 5 à 6 morceaux, sans surcharger le faitout : trop de poulet à la fois fait chuter la température de l'huile et empêche une cuisson nette. Laissez frire 6 à 7 minutes, jusqu'à ce que les morceaux soient dorés pâle et cuits à cœur, puis égouttez sur une grille et laissez reposer 5 minutes pour que la vapeur s'échappe avant la seconde friture.
Remontez l'huile à 185 °C puis replongez tous les morceaux 3 à 4 minutes, toujours en petites fournées. Cette seconde friture, plus chaude et plus brève, déshydrate encore la croûte déjà cuite, la fissure légèrement et la rend extraordinairement sèche et craquante au toucher : c'est le vrai secret du poulet frit coréen. Une seule friture laisse toujours une croûte molle qui ramollit en quelques minutes. Égouttez sur grille.
Pendant que le poulet frit, préparez la sauce : dans une petite casserole, mélangez gochujang, ketchup, miel, sauce soja, ail, gingembre et vinaigre de riz. Chauffez à feu moyen-doux 3 à 4 minutes en remuant, jusqu'à ce qu'elle épaississe légèrement et nappe le dos d'une cuillère, brillante et sirupeuse. Ne la laissez pas réduire trop longtemps ni bouillir fort, elle durcirait en refroidissant et collerait mal.
Coupez le feu sous la casserole, versez le poulet encore brûlant directement dans la sauce et mélangez vivement à la cuillère pendant 20 à 30 secondes maximum, pour que chaque morceau soit bien nappé sans tremper dedans : un contact trop long ramollit aussitôt la croûte qui a demandé toute cette attention à la friture.
Transférez aussitôt dans un plat de service chaud, parsemez de cacahuètes concassées et de graines de sésame grillées, et servez sans attendre : le dak-gangjeong perd son craquant en quelques minutes et se déguste brûlant, dès la sortie de la casserole.
Astuces du chef
- La double friture est non négociable : la première cuit le poulet à cœur en douceur, la seconde à plus haute température assèche et fissure la croûte pour un croustillant qui tient dans la durée.
- Préférez la fécule de pomme de terre à la farine de blé : elle donne une croûte plus légère et plus craquante, qui reste croustillante plus longtemps une fois nappée de sauce.
- Préparez la sauce avant de lancer la seconde friture : le poulet doit la rejoindre chaude à la seconde où il sort de l'huile, pour un enrobage rapide qui préserve le croquant.
- Utilisez un thermomètre de cuisson plutôt que l'estimation à l'œil : quelques degrés d'écart suffisent à transformer une croûte craquante en croûte grasse et molle.
Erreurs à éviter
Ne frire le poulet qu'une seule fois. Respectez impérativement les deux frictures à températures différentes : sans la seconde, plus chaude, la croûte reste toujours molle et se détrempe en quelques minutes.
Ajouter le poulet à une sauce trop chaude ou l'y laisser mijoter. Faites la sauce à part, coupez le feu avant d'y verser le poulet, et mélangez seulement 20 à 30 secondes : plus le contact dure, plus la croûte ramollit.
Ne pas contrôler la température de l'huile. Utilisez un thermomètre à chaque friture : une huile trop froide gorge le poulet de gras, une huile trop chaude brûle la croûte avant que l'intérieur ne soit cuit.
Surcharger le faitout de morceaux de poulet. Frire en petites fournées de 5 à 6 morceaux maximum pour que la température de l'huile ne chute pas et que chaque morceau dore uniformément.
Utiliser de la farine de blé à la place de la fécule. Remplacez-la par de la fécule de pomme de terre, ou à défaut de maïs : elle donne une croûte bien plus fine et craquante après la double friture.
Substitutions possibles
- Fécule de pomme de terre → Fécule de maïs (maïzena) (Croûte légèrement moins craquante mais reste une bonne option en dépannage.)
- Hauts de cuisse de poulet désossés → Ailes de poulet entières (Comptez une friture légèrement plus longue selon la taille des ailes.)
- Miel → Sirop de riz coréen (jocheong) ou sucre roux dilué (Le jocheong est l'option la plus traditionnelle, avec une sauce moins sucrée que le miel.)
Variantes
- Ganjang (soja-ail-miel) : remplacez le gochujang et le ketchup par 4 c. à soupe de sauce soja supplémentaire, ail et gingembre ; une version sans piment, plus douce, idéale pour les enfants.
- Ailes de poulet entières : utilisez des ailettes coupées en deux (pilon et aileron) au lieu de bouchées désossées, pour un format plus traditionnel de street food.
- Yangnyeom plus relevé : ajoutez 1 c. à café de gochugaru dans la sauce pour une version plus piquante et plus colorée.
- Version festive : ajoutez à la friture des morceaux de tteok (gâteau de riz) qui rejoindront le poulet dans la sauce, comme dans certains snacks coréens.
Conservation
Le dak-gangjeong se déguste idéalement dans les minutes qui suivent l'enrobage : la croûte perd vite son croquant. Conservez les restes filmés au réfrigérateur dans un contenant hermétique 2 jours maximum ; la croûte ramollira inévitablement au contact de la sauce et de l'humidité du frigo, c'est normal et sans danger.
Congélation : Congelez le poulet frit nature, sans sauce, dès la fin de la seconde friture et une fois complètement refroidi, dans un sac hermétique, jusqu'à 1 mois. Préparez la sauce fraîche au moment de servir plutôt que de la congeler avec le poulet, pour préserver son brillant et sa texture sirupeuse.
Réchauffage : Réchauffez le poulet, sans sauce si possible, au four à 180 °C pendant 8 à 10 minutes, ou 5 minutes à l'air fryer à la même température, pour retrouver une partie du croustillant. Réchauffez la sauce séparément à la casserole puis nappez le poulet chaud juste avant de servir. Ne réchauffez jamais au micro-ondes : la vapeur ramollit immédiatement la croûte et rend le poulet caoutchouteux.
Origine de la recette
Le poulet frit, appelé chikin en Corée, s'est démocratisé dans les années suivant la guerre de Corée (1950-1953), quand le poulet est devenu une viande plus accessible et que l'influence américaine a diffusé la friture profonde. Le dak-gangjeong, version sucrée-pimentée enrobée de sauce au gochujang, s'est imposé dans les années 1980-1990 comme spécialité de marché, notamment à Sokcho. Aujourd'hui, le chikin coréen est une institution, dégustée entre amis autour d'une bière lors du rituel chimaek.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 630 kcal
- Protéines
- 36 g
- Glucides
- 47 g
- Lipides
- 32 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Pourquoi faut-il frire le poulet deux fois ?
La première friture à 160 °C cuit le poulet à cœur en douceur sans trop colorer la croûte. La seconde, plus courte et plus chaude (185 °C), assèche et fissure cette croûte déjà cuite, ce qui la rend extraordinairement craquante et lui permet de rester croustillante plus longtemps sous la sauce collante.
Pourquoi utiliser de la fécule de pomme de terre plutôt que de la farine ?
La fécule de pomme de terre absorbe moins d'huile que la farine de blé et forme, une fois frite, une croûte plus fine et nettement plus craquante. La farine donne une croûte plus épaisse et plus dense, qui ramollit plus vite au contact de la sauce.
Peut-on préparer la sauce à l'avance ?
Oui, la sauce se prépare sans problème 2 à 3 jours à l'avance et se conserve au réfrigérateur dans un bocal fermé. Réchauffez-la doucement à la casserole jusqu'à ce qu'elle redevienne fluide et brillante avant d'y plonger le poulet chaud sorti de la friture.
Comment éviter que le poulet ne devienne mou après l'avoir enrobé de sauce ?
Le poulet doit rejoindre une sauce chaude mais hors du feu à la seconde où il sort de la friture ; mélangez seulement 20 à 30 secondes puis servez sans attendre. Plus il reste au contact de la sauce, plus la croûte perd son craquant.
Quelle huile choisir pour frire le dak-gangjeong ?
Choisissez une huile neutre à point de fumée élevé, comme l'huile de tournesol, de colza ou de pépins de raisin, capable de supporter sans fumer les 185 °C nécessaires à la seconde friture.
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Comment servir
Dressez le dak-gangjeong en pyramide légère sur un plat large et chaud plutôt qu'à plat, pour que l'air circule entre les morceaux et que la croûte ne ramollisse pas sous son propre poids. Parsemez la sauce restante en filet, puis terminez par les cacahuètes et le sésame juste avant de servir. Prévoyez des piques en bois à l'apéritif, ou du riz vapeur pour un repas complet.
Accompagnements : Riz vapeur nature, Kimchi de chou (baechu-kimchi), Radis blancs marinés (chikin-mu), Salade de chou coréenne épicée, Concombre mariné épicé (oi-muchim)
Boissons conseillées : Bière coréenne bien fraîche, Soju nature glacé, Makgeolli (vin de riz légèrement pétillant), Thé de riz grillé (boricha), pour une version sans alcool