Plats completsCuisine coréenne
Gimbap
Le gimbap est le grand classique coréen du riz roulé : une feuille de nori garnie d'un riz à peine assaisonné au sésame, puis d'une mosaïque de légumes croquants, d'omelette fondante et de bœuf caramélisé, roulée serrée et tranchée en rondelles nettes. Contrairement au riz à sushi, il ne repose pas sur le vinaigre mais sur l'huile de sésame grillé, pour un goût plus rond, plus doux, jamais acidulé. Plat de pique-nique et de boîte à lunch par excellence, il se prépare à l'avance et se mange froid, en toute simplicité.
40 min
Préparation
20 min
Cuisson
1 h
Temps total
4
Portions
Ingrédients
Pour 4 portions
- Riz rond cuit (type riz à sushi)600 g, encore tiède, tout juste égoutté
- Feuilles d'algue nori (gim)4 feuilles
- Bœuf (bavette ou rumsteck)200 g, coupé en fines lanières
- Œufs3, battus en omelette
- Carotte1, soit environ 120 g, taillée en fine julienne
- Épinards frais150 g, équeutés
- Radis jaune mariné (danmuji)4 lanières longues, taillées sur la longueur
- Concombre1/2, épépiné et taillé en bâtonnets
- Huile de sésame grillé3 c. à soupe, répartie entre le riz et la finition
- Sauce soja2 c. à soupe
- Vinaigre de riz1 c. à café
- Sucre1 c. à café
- Graines de sésame grillées2 c. à soupe
- Selau goût
Matériel
- Tapis à rouler en bambou (kimbal)
- Couteau de chef bien aiguisé
- Poêle antiadhésive
- Grand bol pour assaisonner le riz
Préparation
Versez le riz tout juste cuit dans un grand bol, arrosez-le d'huile de sésame, d'une pointe de vinaigre de riz, de sucre et de sel, puis mélangez délicatement à la spatule en soulevant les grains sans les écraser. Étalez-le sur une plaque et laissez tiédir 10 minutes sous un torchon humide : il doit rester souple et brillant, jamais brûlant ni froid, sous peine de détremper le nori ou de se fissurer au roulage.
Battez les œufs avec une pincée de sel et versez-les dans une poêle antiadhésive légèrement huilée, à feu doux, en une fine couche régulière. Laissez cuire 2 à 3 minutes sans coloration jusqu'à ce que le dessus soit tout juste pris, retournez délicatement, puis laissez refroidir avant de détailler en lanières d'1 cm : une omelette dorée ou trop cuite perdrait le jaune vif recherché à la coupe.
Faites revenir la carotte en julienne dans un peu d'huile de sésame et une pincée de sel, 2 minutes à feu moyen : elle doit rester croquante, à peine attendrie. Blanchissez ensuite les épinards 30 secondes à l'eau bouillante salée, rafraîchissez-les à l'eau froide puis pressez-les fermement entre vos mains jusqu'à ce qu'ils ne rendent plus une goutte d'eau, avant de les assaisonner d'un filet d'huile de sésame.
Faites mariner le bœuf en lanières dans la sauce soja avec une pincée de sucre pendant 5 minutes, puis saisissez-le à la poêle bien chaude 2 à 3 minutes en remuant, jusqu'à ce que le jus se soit évaporé et que les bords caramélisent légèrement. Laissez tiédir avant de garnir : une viande encore humide ramollirait le riz et fragiliserait le rouleau à la découpe.
Posez une feuille de nori face brillante contre le tapis à rouler, face rugueuse vers le haut. Du bout des doigts humides, étalez le riz en couche fine et bien uniforme, de l'épaisseur d'une pièce de monnaie, en laissant impérativement 2 cm de nori nu en haut : cette bande servira à sceller le rouleau. Une couche de riz trop épaisse est la première cause d'un gimbap difficile à rouler et déséquilibré en bouche.
Alignez au centre, en une ligne fine et régulière sur toute la largeur, l'omelette, la carotte, les épinards, le bœuf, le danmuji et le concombre, sans les superposer ni les entasser : une petite poignée de chaque ingrédient suffit largement. Un gimbap réussi se juge à l'équilibre de sa garniture, jamais à sa générosité ; en mettre trop est la principale raison pour laquelle un rouleau éclate à la coupe.
Soulevez le bord du tapis avec les pouces et repliez-le fermement sur la garniture en tassant bien avec les doigts, puis continuez à rouler en exerçant une pression constante des deux mains, en tirant légèrement le tapis vers l'arrière à chaque tour, jusqu'à la bande de nori nue. Humidifiez-la pour sceller le rouleau, qui doit être ferme au toucher, sans creux : un roulage trop lâche est la première cause d'un gimbap qui se défait à la découpe.
Badigeonnez le rouleau d'huile de sésame pour lui donner brillance et parfum, puis parsemez de graines de sésame grillées. Laissez reposer 2 minutes pour que le nori adhère bien, puis tranchez en rondelles d'environ 1,5 cm avec un couteau bien aiguisé, humidifié à l'eau froide entre chaque coupe : une lame sèche ou émoussée colle au riz et écrase la section au lieu de trancher net.
Astuces du chef
- Utilisez un couteau très aiguisé, humidifié entre chaque tranche : c'est le seul moyen d'obtenir des rondelles nettes sans écraser le riz ni déchirer le nori.
- Travaillez avec du riz encore tiède, jamais brûlant ni froid : trop chaud, il détrempe le nori ; trop froid, il durcit et se fissure au roulage.
- Étalez le riz en couche fine et régulière : c'est la clé d'un gimbap qui se tient et se coupe proprement, sans exploser au centre du rouleau.
- Ne surchargez jamais la garniture : mieux vaut un rouleau modeste et bien serré qu'un rouleau généreux qui se défait dès la première tranche.
Erreurs à éviter
Couche de riz trop épaisse, qui écrase le goût des garnitures et complique le roulage. Étalez le riz du bout des doigts humides en couche fine et uniforme, en laissant toujours 2 cm libres en haut de la feuille pour pouvoir sceller le rouleau.
Rouleau pas assez serré, qui se défait dès la découpe. Roulez en exerçant une pression ferme et constante avec les deux mains, en tirant légèrement le tapis vers l'arrière à chaque tour pour bien tasser la garniture.
Trop de garniture entassée au centre de la feuille. Limitez-vous à une petite poignée de chaque ingrédient disposée en ligne fine et régulière ; le gimbap se juge à l'équilibre, pas à la quantité.
Épinards ou légumes mal essorés, qui détrempent le riz de l'intérieur. Pressez fermement les épinards blanchis entre vos mains après le rinçage à l'eau froide, jusqu'à ce qu'ils ne rendent plus une goutte d'eau.
Découpe avec un couteau sec ou émoussé, qui écrase les rouleaux et déchire le nori. Aiguisez votre couteau et humidifiez la lame à l'eau froide entre chaque tranche pour obtenir une coupe nette.
Riz assaisonné comme un riz à sushi, avec trop de vinaigre. Limitez le vinaigre à une simple pointe : le gimbap doit rester parfumé au sésame, pas acidulé comme un riz vinaigré japonais.
Substitutions possibles
- Bœuf → Thon en boîte égoutté mélangé à un peu de mayonnaise (Version chamchi gimbap, plus rapide à préparer et tout aussi populaire en Corée.)
- Bœuf → Tofu ferme mariné à la sauce soja puis poêlé (Pour une version végétarienne complète, sans perte de tenue à la coupe.)
- Radis jaune mariné (danmuji) → Cornichons au vinaigre coupés en bâtonnets (Dépannage possible si le danmuji est introuvable ; le croquant acidulé reste proche.)
Variantes
- Chamchi gimbap : garnissez de thon égoutté mélangé à de la mayonnaise et un filet de sauce soja, pour une version gourmande et rapide très populaire en Corée.
- Yachae (végétarien) : remplacez le bœuf par du tofu ferme mariné à la sauce soja puis poêlé, et doublez la portion de légumes pour un rouleau tout aussi savoureux.
- Mayak gimbap : roulez en format miniature avec seulement carotte, épinard et danmuji, pour des bouchées apéritives servies avec une sauce moutarde-soja.
- Chungmu gimbap : roulez le riz nature, sans garniture, et servez à part des calamars épicés et du radis kkakdugi, à la manière du port de Chungmu.
Conservation
Le gimbap est meilleur dans les 2 à 3 heures suivant sa confection, quand le riz est encore souple et le nori croustillant. Conservez-le filmé au réfrigérateur 24 heures maximum, tranches serrées les unes contre les autres pour limiter le contact avec l'air, puis sortez-le 30 minutes avant de servir pour qu'il retrouve un peu de souplesse.
Congélation : Le gimbap ne supporte pas la congélation : le riz cuit perd son moelleux et devient sec et granuleux en décongelant, tandis que les légumes rendent de l'eau. Congelez plutôt les garnitures cuites séparément, bœuf, carotte et épinards, et assemblez un gimbap frais le jour même de la dégustation.
Réchauffage : Le gimbap se mange traditionnellement froid ou à température ambiante, jamais réchauffé, car la chaleur durcit le nori et rend le riz collant. S'il sort du réfrigérateur, laissez-le simplement tempérer 20 à 30 minutes hors du froid plutôt que de le passer au four ou au micro-ondes.
Origine de la recette
Le gimbap puise ses racines dans la tradition coréenne du riz enveloppé de feuilles, popularisée au XXe siècle sous une forme proche des makizushi japonais introduits pendant la période coloniale. Il s'en est depuis nettement distingué : là où le riz à sushi est fortement vinaigré et sucré, celui du gimbap reste assaisonné à l'huile de sésame et au sel, pour un goût plus rond et moins acidulé. Plat du quotidien par excellence, préparé pour les pique-niques et les excursions scolaires, il incarne en Corée la générosité familiale plus qu'un mets raffiné.
Informations nutritionnelles
- Calories
- 480 kcal
- Protéines
- 25 g
- Glucides
- 50 g
- Lipides
- 20 g
Valeurs indicatives par portion.
Questions fréquentes
Pourquoi mon riz durcit-il une fois le gimbap passé au réfrigérateur ?
Le froid accélère la rétrogradation de l'amidon du riz cuit, qui perd son eau et durcit en quelques heures. Sortez toujours le gimbap du réfrigérateur 20 à 30 minutes avant de le servir, le temps que le riz retrouve un peu de souplesse à température ambiante.
Comment trancher le gimbap sans écraser le rouleau ?
Utilisez un couteau bien aiguisé, humidifié à l'eau froide entre chaque coupe, et tranchez d'un geste ferme et continu plutôt qu'en scie. Une lame sèche ou trop pressée colle au riz et écrase la section au lieu de trancher net.
Peut-on préparer le gimbap à l'avance ?
Vous pouvez cuire toutes les garnitures la veille et les conserver séparément au réfrigérateur, mais l'assemblage et le roulage se font idéalement le jour même, au maximum 2 à 3 heures avant de servir, pour que le riz reste souple et le nori croustillant.
Pourquoi mon rouleau se défait-il à la découpe ?
C'est généralement le signe d'un roulage pas assez serré ou d'une garniture trop abondante. Répartissez les ingrédients en fine ligne régulière et roulez en exerçant une pression constante avec le tapis, sans relâcher jusqu'au scellage final.
Le gimbap est-il la même chose que les makizushi japonais ?
Non : le riz à sushi est fortement vinaigré et sucré, alors que le riz du gimbap est assaisonné surtout à l'huile de sésame et au sel, avec juste une pointe de sucre et de vinaigre. Le résultat est plus rond et bien moins acidulé qu'un makizushi.
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Comment servir
Disposez les rondelles debout, légèrement inclinées, sur une planche en bois ou une assiette plate, en éventail pour révéler la mosaïque colorée du riz et des garnitures. Servez à température ambiante, jamais sorti tout juste du réfrigérateur, avec une petite coupelle de sauce soja et quelques graines de sésame grillées éparpillées autour, pour un dressage simple et net.
Accompagnements : Soupe de pâte de soja (doenjang guk), Kimchi de chou nappa, Épinards assaisonnés au sésame (sigeumchi namul), Bouillon de radis blanc (muguk), Pousses de soja assaisonnées (kongnamul muchim)
Boissons conseillées : Thé d'orge grillé (boricha), Soju nature bien frais, Sikhye (boisson sucrée au riz fermenté), Thé vert coréen